Le 21 août 2025, dans un contexte marqué par les procédures antitrust visant Google, Ecosia a déposé une offre audacieuse : prendre la responsabilité opérationnelle de Chrome pour une décennie. Objectif affiché : convertir une partie des revenus du navigateur en financement direct pour le climat, tout en laissant son propriétaire conserver ses droits.
Chrome : un navigateur transformé en bien commun climatique
L’idée d’Ecosia s’éloigne radicalement d’une acquisition classique. Plutôt que de racheter ou de fragmenter Chrome, le moteur de recherche propose d’en faire une fondation indépendante. Concrètement, Google resterait détenteur des droits, mais déléguerait la gestion quotidienne à une structure vouée à l’intérêt public.
Cette initiative prend racine dans l’histoire même d’Ecosia. Créée en 2009, l’entreprise allemande s’est donnée pour mission de financer des actions écologiques grâce aux revenus publicitaires de son moteur de recherche. Selon Wikipédia, elle compte aujourd’hui 20 millions d’utilisateurs et a généré 35,3 millions d’euros de revenus en 2023, réinvestis dans la reforestation et l’agroforesterie.
La gestion responsable plutôt que la simple vente pour le navigateur Chrome
Ce modèle introduit une notion rarement appliquée dans la tech : la gestion responsable. Inspirée du concept de stewardship, elle vise à concilier performance économique et utilité sociétale. AInvest précise que 40 % des revenus resteraient acquis à Google, tandis que les 60 % restants alimenteraient des projets environnementaux. Ainsi, le navigateur le plus populaire au monde deviendrait également une source stable de financement pour la transition écologique.
L’offre interpelle par son absence de contrepartie financière directe. Là où d’autres acteurs, comme Perplexity AI, ont mis sur la table plusieurs dizaines de milliards, Ecosia assume une proposition « à zéro dollar ». Ce positionnement inédit redonne sens à la notion de valeur : l’impact sociétal prévaut sur la spéculation financière.
Les projections illustrent pourtant l’ampleur du levier économique en jeu. Ecosia estime que Chrome pourrait générer 1 000 milliards de dollars de revenus sur dix ans. Rediriger ne serait-ce qu’une partie de ce flux représenterait des centaines de milliards pour le climat. Christian Kroll, fondateur d’Ecosia, a décrit son idée comme « absurde, mais intelligente », rappelant que parfois l’innovation tient à l’audace de formuler une alternative simple, relaye TechCrunch.








