EcoBeautyScore : un nouveau standard environnemental pour la filière cosmétique

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Réemploi des emballages cosmétiques : 11 entreprises s'y engagent
EcoBeautyScore : un nouveau standard environnemental pour la filière cosmétique © RSE Magazine

Évaluation environnementale des produits, transparence intersectorielle, engagement collectif : l’EcoBeautyScore, dont le déploiement est prévu à partir du 19 novembre 2025 sur les emballages de produits cosmétiques commercialisés en Europe, marque une étape stratégique dans la structuration RSE du secteur. Fruit d’une coopération interentreprises inédite, il illustre une volonté partagée de faire converger performance industrielle et responsabilité environnementale.

EcoBeautyScore : une initiative collective structurée autour d’un référentiel commun

C’est en 2022 que cinq acteurs majeurs de la cosmétique – L’Oréal, LVMH, Henkel, Unilever, Natura & Co – initient la création d’un consortium à but non lucratif dédié à l’élaboration d’un outil de notation environnementale applicable aux produits de beauté et d’hygiène. Trois ans plus tard, ce projet devient réalité : l’EcoBeautyScore Association réunit plus de 70 entreprises et fédérations professionnelles, et propose un cadre méthodologique harmonisé pour mesurer l’impact écologique d’un produit cosmétique sur l’ensemble de son cycle de vie.

Ce référentiel commun repose sur une approche scientifique rigoureuse, s’appuyant sur la méthodologie “Product Environmental Footprint” (PEF) développée par la Commission européenne. L’ambition : offrir un cadre standardisé, vérifiable, interopérable et évolutif, accessible aussi bien aux multinationales qu’aux PME de la filière.

Une notation lisible, fondée sur l’analyse du cycle de vie (ACV)

L’EcoBeautyScore est conçu pour être compréhensible par le grand public tout en respectant les standards méthodologiques les plus exigeants. Il se matérialise sous forme d’une étiquette à cinq niveaux, allant de A (impact environnemental faible) à E (impact élevé), associée à un code couleur standardisé (du vert foncé à l’orange), explique RMC.

Ce score est attribué à partir d’une évaluation multicritères intégrant l’ensemble du cycle de vie du produit :

  • Approvisionnement des ingrédients : origine, méthode d’extraction, biodégradabilité.
  • Processus de fabrication.
  • Type d’emballage et recyclabilité.
  • Distribution, usage et fin de vie du produit.

La comparaison des produits s’effectue exclusivement à l’intérieur de catégories homogènes, par exemple entre deux shampoings ou deux crèmes de jour. Cette segmentation garantit une cohérence fonctionnelle dans les notations, et limite les biais comparatifs.

Modalités de déploiement et conditions d’usage

Le lancement opérationnel de l’EcoBeautyScore est prévu pour le 19 novembre 2025, dans l’ensemble de l’Union européenne, mais aussi en Norvège, Suisse et Royaume-Uni. Certaines marques, dont Nivea, Garnier, Neutrogena et Schauma, ont déjà intégré le score à leurs plateformes en ligne, en amont du déploiement packaging.

Ce dispositif repose sur un modèle déclaratif encadré, mais non obligatoire. Toutefois, des garde-fous ont été instaurés pour prévenir les effets d’opportunisme : lorsqu’une marque choisit d’afficher l’EcoBeautyScore pour une catégorie de produits dans un pays, elle s’engage à le faire pour au moins 75 % des références de cette catégorie, quels que soient les résultats obtenus.

L’Association assure en parallèle un accompagnement technique pour les entreprises membres, et propose un outil d’auto-évaluation gratuit et open source, dans une logique d’inclusivité et de soutien aux plus petites structures.

Un levier stratégique de transition pour les entreprises

Au-delà de sa vocation pédagogique pour le consommateur final, l’EcoBeautyScore constitue un outil stratégique de pilotage RSE pour les marques. Il permet :

  • De quantifier les impacts environnementaux des produits à l’échelle d’un portefeuille.
  • D’identifier les leviers d’amélioration (formulation, packaging, sourcing).
  • De communiquer de façon standardisée sur les engagements environnementaux.
  • De renforcer la conformité anticipée aux futures obligations réglementaires (notamment dans le cadre de la directive européenne sur les allégations environnementales – Green Claims Directive).

Dans une étude menée en 2024 par l’Association, 72 % des consommateurs interrogés dans quatre pays déclarent que ce type d’étiquetage environnemental renforce leur confiance dans les marques, et influence positivement leurs décisions d’achat.

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