Eau et végétal : Antibes Juan-les-Pins ouvre la voie à l’échelle nationale

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Antibes Juan Les Pins
© Mairie d'Antibes Juan les Pins

La ville d’Antibes Juan-les-Pins s’engage dans une démarche audacieuse en devenant la première signataire d’un texte national qui entend repenser la place du végétal dans la cité. Une signature pleine de sens dans un contexte de sécheresse récurrente et de tensions hydriques majeures.

Antibes Juan-Les-Pins ouvre la voie d’une gestion de l’eau responsable

Le 10 juillet 2025, Antibes Juan-les-Pins a franchi une étape symbolique et stratégique : devenir la première ville de France à apposer sa signature au bas de la charte d’engagement « Arrosez utile, cultivez la vie ! ». Portée par l’interprofession VALHOR, cette initiative inédite vise à fédérer institutions et professionnels autour d’une vision partagée de la gestion de l’eau. L’acte, hautement politique, intervient dans un climat d’alerte hydrique généralisée, alors que les arrêtés sécheresse se succèdent d’un département à l’autre.

L’engagement antibois n’est pas tombé du ciel. Voilà quatre ans que la commune, dirigée par Jean Leonetti, affine sa stratégie d’aménagement paysager pour intégrer l’impératif de sobriété hydrique. Déjà en 2021, elle s’était distinguée en signant la Charte pour le jardin en région méditerranéenne. La signature de 2025, elle, élève ce combat à l’échelle nationale.

« À travers cette charte, notre collectivité souhaite s’engager à poursuivre le développement de ses pratiques en matière de végétalisation de ses espaces pour assurer une meilleure préservation de l’eau », a déclaré Jean Leonetti, maire d’Antibes Juan-les-Pins, lors de la cérémonie.

Une charte qui fait de l’eau un levier d’aménagement urbain

Conçue par VALHOR — l’interprofession française de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage — la charte « Arrosez utile, cultivez la vie ! » s’aligne directement sur les ambitions du Plan Eau présenté par le gouvernement le 31 mars 2023. Florent Moreau, président de VALHOR, en a précisé les fondements : « Notre filière est pleinement consciente du rôle central de l’eau dans ses activités. Mais au-delà de cela, elle reconnaît les nombreux bénéfices qu’une bonne gestion de cette ressource peut apporter grâce aux solutions vertes qu’elle développe ».

En clair, il ne s’agit plus simplement de réduire les arrosages, mais de réinventer les pratiques horticoles, les choix de palettes végétales, et l’ingénierie urbaine elle-même, à travers la désimperméabilisation des sols, la récupération des eaux pluviales et la priorisation de l’eau verte.

Le végétal devient ainsi outil d’adaptation climatique, capable de « ralentir l’écoulement de l’eau, de la répartir, de favoriser son infiltration et son stockage dans les sols », comme le stipule explicitement la brochure de déploiement de la charte.

L’exemple local qui inspire une dynamique nationale

Si Antibes Juan-les-Pins est la première commune à signer au niveau national, elle n’est pas la seule à s’impliquer. En juillet 2024, un premier collectif interprofessionnel avait vu le jour dans les Pyrénées-Orientales, en partenariat avec la préfecture locale. La charte a depuis été étendue à l’ensemble du territoire à l’occasion du congrès des maires de novembre 2024.

Ce cadre d’engagement mobilise un ensemble d’acteurs allant bien au-delà des élus : les paysagistes (Unep, FFP), les producteurs horticoles (VERDIR, Felcoop), les distributeurs spécialisés (JAdF, Floralisa), mais aussi les représentants des agents territoriaux (HORTIS, AITF). Tous réunis autour d’une même conviction : préserver l’eau, c’est aussi protéger le végétal, et inversement.

Le texte prévoit une évaluation annuelle des engagements, la diffusion de fiches pratiques et guides métiers, et le développement de systèmes de pilotage intelligent des arrosages. Il invite également à la mutualisation locale à travers des collectifs interprofessionnels territoriaux, soutenus financièrement.

L’eau, dernier bastion du bien commun ?

Si cette charte se veut technique, elle est aussi un signal fort envoyé à l’État et aux citoyens. Elle rappelle que les communes sont aux avant-postes des tensions climatiques, mais aussi des solutions. Antibes Juan-les-Pins, avec ses 75.000 habitants, choisit de faire du végétal non un luxe esthétique, mais une infrastructure stratégique. Une orientation que le maire résume ainsi : « Cette charte est l’occasion de rappeler notre conviction concernant la contribution précieuse du végétal dans les cycles de l’eau et l’importance d’une planification écologique de l’espace urbain ».

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