Début avril, un communiqué du CNRS est passé inaperçu. Il s’agit pourtant d’une nouvelle qui pourrait révolutionner l’industrie du bitume et du BTP : la mise au point d’un bio-bitume à base d’algues. « Les micro-algues constituent une source très prometteuse d’alternative au pétrole et ceci, sans concurrencer l’industrie alimentaire. Pour la première fois, elles ont été utilisées pour faire… du bitume ! » commence le communiqué du CNRS.
Pour arriver à des résultats concluants, des chercheurs de différents laboratoires et de professionnels ont été associés : « des laboratoires Chimie et interdisciplinarité : synthèse analyse modélisation (CNRS/Université de Nantes), Génie des procédés − environnement − agroalimentaire (CNRS/Université de Nantes/ONIRIS/Ecole des Mines de Nantes), Matériaux pour infrastructures de transports (Ifsttar), Conditions extrêmes et matériaux : haute température et irradiation (CNRS), en collaboration avec l’entreprise AlgoSource Technologies, ont apporté la preuve de concept de ce bio-bitume, dont les caractéristiques sont très proches du « vrai » bitume de nos routes. »
Micro-algues, alternatives au pétrole
C’est une application de plus pour ces micro-algues dont le potentiel est déjà largement connu des scientifiques. Ces végétaux sont en effet utilisés comme colorants en cosmétique, comme compléments alimentaires et pour produire des biocarburants. « Aujourd’hui, les micro-algues font partie des alternatives prometteuses au pétrole. Avec le développement de procédés efficaces et rentables, de nombreux produits issus de l’industrie du raffinage deviendraient accessibles » explique le texte.
Pour mettre au point ce bio-bitume, les chercheurs du programme Algoroute des laboratoires de Nantes et d’Orléans « ont produit du bio-bitume en valorisant des résidus de micro-algues, issus par exemple de l’extraction de protéines hydrosolubles des algues pour l’industrie cosmétique. »
Malgré des différences notables avec le bitume classiques, certaines propriétés communes ont rendu possible l’opération chimique. « Liquide au-dessus de 100°C, le bio-bitume permet d’enrober les agrégats minéraux ; viscoélastique de -20 °C à 60 °C, il assure la cohésion de la structure granulaire, supporte les charges et relaxe les contraintes mécaniques. » Les scientifiques affirment par ailleurs que des recherches doivent encore être réalisées pour évaluer cette technique et envisager une production industrielle.
Voir ici le compte rendu du CNRS








