Dessaler l’eau de mer : le plan secret que la France s’apprête à lancer

Le dessalement pourrait-il être la clé pour faire face à la pénurie d’eau ?

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Dessaler l’eau de mer : le plan secret que la France s’apprête à lancer
Dessaler l’eau de mer : le plan secret que la France s’apprête à lancer © RSE Magazine

Dans un monde où la pression sur l’eau ne cesse de monter, le dessalement s’affiche comme une méthode de plus en plus adoptée pour fournir de l’eau douce. Cette technique retire le sel et les bactéries de l’eau de mer pour aboutir à une eau propre, adaptée à la consommation ou à d’autres usages, grâce à un système de désalinisation. Elle s’est largement développée à l’échelle mondiale, notamment grâce aux procédés thermiques par distillation et aux membranes via osmose inverse. Bien qu’elle existe depuis longtemps, c’est après 1945 qu’elle a réellement décollé et a connu un boom depuis les années 2000, surtout dans des zones où le manque d’eau se fait cruellement sentir comme en Afrique du Nord, au Proche-Orient et dans les pays du Golfe.

Le dessalement en Europe : un phénomène qui se concentre en Méditerranée

En Europe, le dessalement se déploie principalement autour du bassin méditerranéen. En Espagne, par exemple, plusieurs installations ont vu le jour pour pallier le déficit en eau douce. En revanche, en France, cette option reste encore utilisée en ultime recours. Elle se retrouve surtout dans les territoires d’outre-mer comme Mayotte, Saint-Barthélémy et Nouvelle-Calédonie, ou sur des îles telles que la Corse et Belle-Île. À l’heure actuelle, on compte environ 15 unités, quasiment toutes implantées sur ces territoires insulaires.

Un rapport diffusé par l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD) en septembre 2025 appelle à « changer de paradigme » face à l’aggravation du stress hydrique et à la gestion de l’eau en France. Ce document apporte des informations précieuses sur le dessalement pour guider le ministère en charge de l’environnement dans la prévision des besoins futurs en eau douce.

Le potentiel et les enjeux environnementaux

Le dessalement apparaît comme une solution envisageable pour les territoires où l’eau se fait rare ou de mauvaise qualité. En effet, l’eau obtenue est souvent de meilleure qualité et contient moins de micropolluants. Néanmoins, cette technologie de dessalement durable n’est pas sans poser quelques soucis. Elle reste coûteuse malgré les progrès enregistrés qui tendent à réduire ces frais. De plus, les procédés thermiques et membranaires soulèvent des préoccupations : ils demandent beaucoup d’énergie, génèrent des émissions de gaz à effet de serre et posent la question des rejets de saumures sur les écosystèmes marins.

L’osmose inverse, technique membranaire la plus répandue, est moins gourmande en énergie par rapport à la distillation et permet d’éliminer presque tous les PFAS présents dans l’eau. Toutefois, il faut compter entre 2 et 2,5 litres d’eau de mer pour obtenir 1 litre d’eau douce.

Pour un déploiement réfléchi

Le rapport de l’IGEDD met en garde contre l’utilisation excessive du dessalement comme solution miracle aux pénuries d’eau. Il prône plutôt une approche mesurée, axée sur la sobriété et la réduction des pertes sur les réseaux existants. Parmi les conseils donnés figurent :

  • la nécessité de définir précisément les territoires prioritaires,
  • de limiter les rejets dans certaines zones protégées,
  • de mener des recherches à long terme sur les effets des saumures sur les écosystèmes
  • et d’éviter de stimuler la consommation d’eau douce.

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