COP 30 : ce projet d’autoroute en Amazonie qui scandalise

La COP 30 en Amazonie pourrait changer la donne pour notre planète.

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COP 30 : ce projet d’autoroute en Amazonie qui scandalise
COP 30 : ce projet d’autoroute en Amazonie qui scandalise © RSE Magazine

La COP 30, la conférence mondiale sur le changement climatique organisée par l’ONU, se tiendra du 10 au 21 novembre 2025 à Belém, une ville au nord du Brésil. Avec plus de 50 000 participants attendus, cet événement met en avant l’importance capitale de lutter contre le réchauffement planétaire. Le fait de l’organiser en Amazonie renforce encore le poids du sujet, vu la renommée de cette région pour ses enjeux environnementaux.

Des préparatifs sur le qui-vive

Belém s’active pour recevoir ce rendez-vous de grande ampleur. Notamment, une nouvelle autoroute, surnommée « Avenue Liberté » ou « Avenue de la Liberté », est en construction. Avec ses 13 kilomètres, elle vise à moderniser la ville et à fluidifier la circulation. Même si cette route traverse le cœur de la forêt amazonienne, elle ne doit pas être confondue avec des aménagements liés directement à la COP 30, puisque sa décision date de 2020, bien avant que Belém ne soit désignée hôte.

Le gouvernement de l’État du Pará mise sur le côté durable de ce projet : l’autoroute sera dotée de passages pour animaux, de pistes cyclables et d’un éclairage alimenté à l’énergie solaire. Parallèlement, de nouveaux hôtels se préparent et le port de Belém va être remanié pour accueillir des bateaux de croisière.

Enjeux écologiques et sociaux

Ces nouvelles constructions ne font pas l’unanimité. L’autoroute doit traverser une portion de la forêt amazonienne, menaçant des dizaines de milliers d’hectares protégés et risquant de couper l’écosystème en deux. Le Brésil a déjà enregistré une hausse inquiétante des incendies forestiers en 2024, avec 30,8 millions d’hectares détruits, dont 17,9 millions en Amazonie.

Les conséquences sociales sont aussi très préoccupantes. Claudio Verequete, un habitant qui dépendait de la récolte des baies d’açaí, raconte à la BBC : « Tout a été détruit. Notre récolte a déjà été coupée. Nous n’avons plus ce revenu pour subvenir aux besoins de notre famille ». Il redoute également d’être expulsé pour laisser place aux nouvelles infrastructures.

Avis officiels et contre-arguments

Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva et son ministre de l’environnement ont décrit ce sommet comme historique, évoquant une « COP en Amazonie » qui veut attirer l’attention mondiale sur cette région si particulière. Toutefois, certains critiques pointent le côté élitiste de cette approche, trop orientée vers la sphère politique et économique. Silvia Sardinha, vétérinaire spécialiste de la faune locale, se montre sceptique et affirme : « Dès qu’il y a déforestation, la biodiversité se réduit ».

Vers un futur plus équilibré ?

Même si les autorités locales promettent des projets respectueux du milieu pour la COP 30, il convient de bien observer leurs retombées sur le terrain. La construction prévoit notamment 34 passages pour la faune et des clôtures conçues pour protéger la végétation indigène.

Alors que la température moyenne mondiale a progressé de 1,1°C depuis le XIXe siècle, ce rendez-vous sert de tribune pour échanger autour de solutions comme le développement des énergies renouvelables ou la réduction de la consommation de viande.

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