Climat : les scientifiques redoutent un point de rupture dont on ne reviendra jamais

Il y a 252 millions d’années, 90 % de la vie a disparu à cause d’un réchauffement cataclysmique.

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Climat : les scientifiques redoutent un point de rupture dont on ne reviendra jamais
Climat : les scientifiques redoutent un point de rupture dont on ne reviendra jamais © RSE Magazine

Il y a 252 millions d’années, la Terre a vécu l’une des pires galères écologiques de son histoire : l’extinction du Permien-Trias. On estime qu’environ 90 % de la vie a disparu à cause d’un réchauffement intense lié à une activité volcanique massive. Ce soupir du passé nous rappelle des choses importantes alors que nous faisons face à nos propres défis climatiques.

Des chercheurs en action

Une équipe internationale, incluant des spécialistes de l’université de Leeds (Royaume-Uni) et de l’université chinoise des géosciences de Wuhan, s’est penchée sur cet épisode historique. Leurs travaux ont été publiés dans la revue Nature Communications. En étudiant des archives fossiles, ils ont pu reconstituer l’évolution de la production végétale durant cette période houleuse.

Les méthodes utilisées reposent sur des archives géologiques et fossiles rassemblées par leurs collègues chinois. Des expéditions sur le terrain ont été menées dans des régions isolées, accessibles uniquement par bateau ou à cheval, ce qui montre bien toute la détermination et le sérieux déployés pour mener à bien l’étude.

Les résultats et ce que ça nous raconte

Les constats sont forts : les forêts tropicales se sont effondrées pendant cette extinction. Cette chute dramatique de la végétation a réduit de façon sensible la capacité d’absorption de CO2, maintenant ainsi des niveaux élevés de CO2 dans l’atmosphère pendant une longue période. Ces observations mettent en lumière l’existence de véritables « points de bascule » dans le système terrestre où le réchauffement pourrait devenir incontrôlable malgré les efforts pour limiter les émissions.

Benjamin Mills, professeur à l’université de Leeds, lance un avertissement : « Il y a là un rappel de l’importance des quelques forêts tropicales qui nous restent… Si un réchauffement rapide les pousse à s’effondrer comme il y a 252 millions d’années… »

Le réchauffement climatique aujourd’hui

Le réchauffement d’origine humaine avance à un rythme alarmant de 0,27 °C par décennie entre 2015 et 2024. Les émissions annuelles moyennes mondiales s’élèvent à 53 milliards de tonnes de CO2. Ces chiffres démontrent combien il est urgent d’agir pour stabiliser le climat.

Le niveau des mers grimpe aussi dangereusement ; entre 2019 et 2024, on prévoit une hausse de 26 mm, ce qui amplifie la violence des tempêtes et menace certains États insulaires. Depuis le début du XXe siècle, la montée totale enregistrée s’élève à 22,8 cm.

Christophe Cassou du CNRS souligne que, même pour les climatologues, ces évolutions suscitent une inquiétude grandissante quant à la manière dont ces phénomènes doivent être abordés.

Un futur pas tout net

À l’approche du seuil de 1,5 °C fixé par l’accord de Paris, il devient évident qu’un changement radical doit se mettre en place. Avec seulement 130 milliards de tonnes restant dans notre budget carbone au début de 2025 (contre 200 milliards auparavant), chaque geste compte.

Jianxin Yu rappelle que, grâce aux techniques scientifiques récentes et aux collaborations interdisciplinaires, « nous devons continuer à décoder le passé… pour aider à préserver notre avenir ».

L’histoire mouvementée du Permien-Trias nous sert non seulement de récit captivant, mais également d’avertissement sur ce qui pourrait se passer si nous ne parvenons pas à relever collectivement les défis climatiques d’aujourd’hui.

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