Zones d’activité et transition écologique : Clermont Auvergne Métropole relève le défi

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Zones d’activité et transition écologique : Clermont Auvergne Métropole relève le défi | RSE Magazine

À Clermont-Ferrand, les discours sur la transition écologique n’en finissent plus de fleurir. Mais cette fois, la Métropole s’attaque à un territoire longtemps délaissé par les politiques vertes : les zones d’activités économiques. La démarche « Agir pour la transition écologique des ZAE » veut rompre avec l’image poussiéreuse des zones industrielles. Sincère bascule ou verdissement de façade ?

Un lancement officiel sous le signe de l’urgence

Le vendredi 18 juillet 2025, à la Pépinière Jean-Claret, Clermont Auvergne Métropole lançait officiellement la démarche « Agir pour la transition écologique des ZAE » (Zones d’Activités Économiques). Derrière cette dénomination un brin administrative, une ambition limpide : engager les entreprises dans la transformation durable de leurs espaces de travail. Objectif affiché : faire des ZAE des territoires sobres, performants, et enfin respirables.

Mais que cache cette nouvelle initiative ? D’abord une volonté de faire émerger une communauté d’entreprises engagées. Dix-huit sociétés ont déjà répondu présent, parmi lesquelles Ikea, Decathlon, Babymoov, Phimeca ou encore Picture. En tout, six partenaires, deux aménageurs et une dizaine de structures accompagnatrices. Une armada hétéroclite pour amorcer une dynamique collective. Et cette fois, la Métropole promet plus que des intentions.

Neuf thématiques d’engagement pour un pacte volontaire

C’est le cœur du dispositif. Pour s’inscrire dans la démarche, chaque entreprise doit choisir au moins trois thématiques parmi les neuf proposées par la Métropole. On y retrouve des piliers classiques comme la sobriété foncière, la gestion de l’énergie ou des déchets, mais aussi des volets plus transversaux comme la qualité du cadre de travail ou la responsabilité sociétale.

Chaque structure s’engage à définir, pour chaque axe, des objectifs concrets à atteindre sous douze mois. En échange, Clermont Auvergne Métropole promet un accompagnement sur mesure : ateliers collectifs, conseils personnalisés, mise en réseau, valorisation médiatique. Autrement dit : on ne signe pas un simple document, on entre dans un processus encadré.

La transition écologique des ZAE : un défi structurel

Le chantier est colossal. Les ZAE, souvent pensées dans une logique de rentabilité foncière et d’accessibilité routière, n’ont jamais été des modèles en matière de développement durable. Routes surdimensionnées, bâtiments énergivores, absence d’espaces verts : tout est à repenser.
La Métropole n’en est pas à son coup d’essai. Déjà, la Zone à Faibles Émissions (ZFE), en vigueur depuis juillet 2023 sur 21 communes, avait posé les jalons d’un basculement écologique. Avec Agir pour la transition écologique des ZAE, on monte d’un cran : diagnostic énergétique, mobilité des salariés, biodiversité, énergie renouvelable… tout y passe.

La CCI du Puy-de-Dôme, Assemblia, le SMTC, la Chambre des Métiers : tous s’associent pour épauler la transition. Et pour cause : la réussite de la démarche ne repose pas uniquement sur les entreprises. Elle suppose une évolution des infrastructures, des incitations claires, et un changement profond dans la manière d’aménager le territoire.

Des exemples à suivre, et vite

Pour convaincre les plus sceptiques, la Métropole mise sur l’effet d’entraînement. Les premières entreprises impliquées deviennent des ambassadrices, chargées de démontrer par l’exemple que la transition n’est pas un surcoût, mais un levier d’efficacité. Ikea teste déjà des solutions photovoltaïques. Picture mise sur la mutualisation des transports. Le Sommet de l’Élevage intègre des pratiques bas carbone sur ses infrastructures logistiques. Une logique de pollinisation des bonnes pratiques, espère-t-on.

Mais une question demeure : ces pionniers seront-ils rejoints ? Car si la dynamique ne s’élargit pas, elle risque fort de rester un ilot vert dans un océan gris.

Ce que dit vraiment la Métropole

Le message est clair. « Cette démarche vise à fédérer les acteurs des ZAE autour d’une vision partagée et d’actions concrètes permettant de concilier efficacité économique, respect de l’environnement et bien-être de tous », fait savoit la métropole par communiqué Une profession de foi ambitieuse, à condition de sortir du marketing territorial pour entrer dans une gouvernance tangible.

Sur les plans techniques et méthodologiques, le flou demeure partiellement. Quelle sera la méthode d’évaluation ? Quelles sanctions pour les engagements non tenus ? Quelle articulation avec les schémas directeurs d’aménagement existants ? Autant de zones d’ombre qu’il faudra dissiper rapidement si la Métropole veut éviter un effet d’annonce.

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