La chaufferie de Gerland, un modèle français de durabilité énergétique

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Chaufferie Biomasse
La chaufferie de Gerland, un modèle français de durabilité énergétique © RSE Magazine

À la chaufferie de Gerland, à Lyon, la chaleur des fumées n’est plus perdue : un système innovant de condensation transforme désormais ces rejets en ressource énergétique. Un tournant majeur pour la durabilité du réseau de chaleur lyonnais et une vitrine nationale pour la transition écologique.

Une technologie inédite à l’échelle nationale

Le 13 octobre 2025, la chaufferie de Gerland, la plus grande chaufferie biomasse de France, a inauguré un dispositif de récupération de chaleur sur ses fumées. Ce projet, mené par Dalkia et soutenu par l’ADEME, marque une nouvelle étape dans la décarbonation du réseau urbain lyonnais. Grâce à la condensation des fumées, l’installation produit davantage d’énergie sans consommer plus de bois, confirmant la position de Lyon en pionnière de la chaleur renouvelable.

Située dans le quartier de Surville, au cœur du 7ᵉ arrondissement, la chaufferie de Gerland alimente le principal réseau de chaleur de la métropole. Trois chaudières de 17 MW chacune, fonctionnant à partir de bois local, produisent une puissance totale de 51 MW. Depuis son extension, ce site dessert désormais près de 100 000 logements.

Le système de condensation récemment installé permet de capter la chaleur contenue dans les fumées avant leur rejet. Concrètement, les gaz, auparavant expulsés à 120 °C, sont désormais refroidis à 40 °C, récupérant ainsi une énergie précieuse. « Grâce à cette technologie, nous faisons d’une contrainte – la gestion des rejets – une ressource utile pour chauffer des milliers de logements sans énergie supplémentaire », a souligné Bruno Bernard, le résident de la Métropole de Lyon.

Plus de chaleur, moins d’émissions

Cette innovation se traduit immédiatement en gains énergétiques. Le dispositif de récupération équivaut à la chaleur nécessaire pour 5.700 logements supplémentaires, sans recourir à un seul kilo de bois de plus. Une avancée majeure en matière d’efficacité énergétique. Les performances environnementales sont tout aussi marquantes : les niveaux de rejets de particules fines sont 200 fois inférieurs à ce que prévoit le Plan de protection de l’atmosphère. « Les niveaux de rejets sont 200 fois moins importants que ce que préconise le Plan », a fait savoir Bruno Bernard.

Pour Jérôme Aguesse, le directeur régional de Dalkia, « en valorisant une source de chaleur jusqu’alors inexploitée, nous ouvrons la voie à de nouvelles solutions d’efficacité énergétique pour une énergie plus propre et plus durable ». L’eau issue de la condensation est ensuite recyclée dans le circuit de traitement, limitant les pertes hydriques et améliorant encore le rendement global de la chaufferie biomasse.

Un modèle de durabilité soutenu par les pouvoirs publics

L’investissement total de cette opération s’élève à 16 millions d’euros, dont 7 millions d’euros de subvention publique accordée par l’ADEME. Un soutien décisif pour ce projet vitrine de la stratégie « territoire durable » menée par la Métropole de Lyon. L’Agence de la transition écologique y voit une illustration concrète de la décarbonation locale : produire plus de chaleur verte, sans augmentation de la consommation de ressources.

Le modèle développé à Gerland pourrait inspirer d’autres métropoles. Dalkia envisage d’étendre cette technologie de condensation à plusieurs réseaux de chaleur français, notamment à Lille et à Strasbourg. En combinant biomasse locale, récupération de chaleur et contrôle strict des émissions, la chaufferie de Gerland devient ainsi la vitrine d’une énergie urbaine circulaire.

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