Le ciel est souvent zébré par des traînées blanches après le passage d’un avion. Si elles offrent un spectacle visuel fascinant, ces traînées de condensation ont des répercussions importantes sur notre climat. Au‑delà de la simple combustion du kérosène, leur effet sur le climat dépasse largement celui des seules émissions de dioxyde de carbone (CO₂). Alors que l’Europe prend la mesure du problème, la Commission européenne travaille sur de nouvelles propositions pour rendre l’aviation plus respectueuse de l’environnement.
Traînées de condensation : qu’est-ce que ça change pour le climat ?
À haute altitude, entre 8 et 13 kilomètres, les traînées de condensation se forment à la sortie des réacteurs des avions quand l’air est assez froid et humide. Ces panaches blancs peuvent se dissiper rapidement ou persister plusieurs heures, évoluant parfois en nuages cirrus (un type de nuage très fin et élevé). Trop fins pour provoquer un refroidissement via l’absorption du rayonnement solaire, ils contribuent pourtant au réchauffement.
Jérôme Du Boucher explique à Ouest France : « les traînées de condensation ont des répercussions importantes sur le climat ».
Les données indiquent que, si l’on prend en compte les traînées de condensation, l’effet de l’aviation sur le climat correspond à 6 % des émissions mondiales de CO2. De plus, ces traînées renforcent l’effet de serre la nuit, ce qui complique fortement leur étude.
Études et modélisations pour mesurer l’ampleur du phénomène
Pour chiffrer ces effets, une analyse a porté sur près d’un demi-million de vols transatlantiques. En croisant données de vol et météorologie, les chercheurs ont utilisé des modèles avancés pour simuler et évaluer l’effet climatique des traînées de condensation. Les résultats sont parlants : seulement 3 % des vols sont responsables de 80 % des traînées, ce qui signifie qu’une légère modification de trajectoire pourrait réduire fortement leurs effets sur le réchauffement accéléré des océans.
Les compagnies aériennes perdraient peu financièrement à effectuer ces ajustements : le surcoût est estimé à seulement 1 € par passager sur un court‑courrier, et 4 € sur un long‑courrier. Selon l’ONG Transport & Environment, une telle réduction des émissions pourrait diminuer de 50 % les conséquences climatiques des traînées de condensation d’ici 2040.








