Un quart des entreprises françaises atteignent désormais le plus haut niveau de performance environnementale, selon le dernier rapport de CDP (anciennement Carbon Disclosure Project). Dans un contexte mondial instable, ces entreprises démontrent qu’un leadership environnemental exigeant peut renforcer la résilience, structurer la gouvernance et produire un impact mesurable sur le climat, l’eau et les forêts.
Leadership environnemental : les entreprises françaises font beaucoup mieux que la moyenne européenne
Un quart (24%) des entreprises françaises ont atteint le niveau « Leadership » dans au moins un domaine environnemental en 2025, apprend-on de la dernière étude « Corporate Health Check » réalisée par CDP (anciennement Carbon Disclosure Project) sur 10.000 entreprises dans le monde, dont plus de 300 en France. À titre de comparaison, la moyenne de l’Union européenne s’établit à 16%, l’Allemagne plafonne à 10%, tandis que l’Irlande atteint 22% et l’Espagne 25%. À l’échelle mondiale, le Japon affiche une proportion d’entreprises « leaders » de 22%, la Chine 8%, le Brésil 7% et les États-Unis seulement 5%. Ainsi, les entreprises françaises se positionnent parmi les leaders mondiaux en matière de performance environnementale, et ce malgré un contexte géopolitique et macroéconomique incertain.
Cette dynamique positive ne se limite pas aux politiques climatiques. En effet, 14% des entreprises françaises sont leaders sur la politique en faveur de l’eau et 12% sur la politique en faveur des forêts. À l’échelle mondiale, seuls 13% des entreprises atteignent le leadership sur le climat, 11% sur l’eau et 8% sur les forêts. De plus, 52% des entreprises européennes et 54% des entreprises chinoises atteignent les deux niveaux les plus élevés du classement, contre 31% des entreprises américaines.
Les entreprises françaises traduisent leur leadership environnemental en gouvernance RSE
Le leadership environnemental des entreprises françaises repose d’abord sur des leviers de gouvernance solides. En France, tous les leaders climatiques, 83% des leaders forestiers et 60% des leaders dans le domaine de l’eau lient désormais la rémunération des dirigeants aux résultats environnementaux. Autrement dit, les entreprises intègrent les objectifs environnementaux dans les systèmes d’incitation et dans la stratégie globale. À noter que toutes les entreprises classées par CDP comme « leaders » s’appuient sur quatre piliers : gouvernance renforcée, gestion approfondie des risques, objectifs alignés sur 1,5 °C et engagement de la chaîne de valeur. En outre, ces entreprises réduisent leurs émissions à un rythme presque deux fois supérieur à celui des entreprises moins performantes. À l’échelle mondiale, les « leaders » diminuent leurs émissions d’environ 4% par an, contre 1% pour les autres groupes.
Sherry Madera, directrice générale de CDP, insiste sur cette évolution systémique : « Le changement climatique et la dégradation de la nature ne sont plus des risques lointains : ils remodèlent déjà les marchés, les chaînes d’approvisionnement et les décisions d’investissement ». Elle ajoute que « l’économie positive pour la planète n’est plus une question marginale dans la stratégie des entreprises ; elle devient un moteur essentiel de la compétitivité à long terme ». De son côté, Nick Studer, président-directeur général d’Oliver Wyman, rappelle que « la dynamique de transition est indéniable, mais dans le même temps, les entreprises sont confrontées à un niveau d’incertitude politique et macroéconomique sans précédent depuis une génération ». Toutefois, malgré ces tensions, les entreprises françaises maintiennent leur cap environnemental.
En France, les entreprises sont exposées à 4,68 milliards d’euros de risques physiques
Cependant, le leadership environnemental des entreprises ne les met pas à l’abri des risques. En France, les entreprises ayant répondu à CDP ont identifié un total de 4,68 milliards d’euros de risques environnementaux physiques. En même temps, elles ont déclaré 4,07 milliards d’euros d’investissements dans l’adaptation en 2025, ce qui laisse un différentiel significatif. À l’échelle mondiale, les entreprises évaluées déclarent 1.470 milliards de dollars de risques physiques environnementaux, 26% de ces risques pouvant se réaliser à court terme. Or, seuls 9% des entreprises déclarent des investissements dans l’adaptation physique, pour un montant total de 84,5 milliards de dollars en 2025.
Ainsi, les entreprises françaises s’inscrivent dans un mouvement mondial de prise de conscience, mais l’ampleur des risques exige une accélération. En effet, le rapport montre que dans 7 secteurs sur 13, les leaders climatiques affichent une croissance de capitalisation boursière égale ou supérieure aux autres entreprises, ce qui démontre que l’alignement environnemental ne pénalise pas la performance.








