Faut-il vraiment continuer à rouler au diesel quand on livre de la bière ? Entre convictions écologiques et calculs industriels, Carlsberg fait un pari électrique… avec Renault Trucks au volant. Mais que cache vraiment cette conversion verte ?
Carlsberg passe à l’électrique avec Renault Trucks : entre image verte et réalité technique
Carlsberg ne fait pas les choses à moitié : vingt camions électriques D Wide Z.E., d’un poids total autorisé de 26 tonnes, ont été déployés dans sa filiale suisse. Ces véhicules, assemblés à Blainville-sur-Orne en Normandie, sont dotés d’une autonomie réelle de 180 à 200 kilomètres et se rechargent à l’électricité renouvelable via des connecteurs CCS de 150 kW.
Selon Renault Trucks, ces véhicules disposent de deux moteurs cumulant une puissance de 370 kW et un couple de 850 Nm, avec des batteries allant de 200 à 265 kWh. Et pour Carlsberg, il ne s’agit pas de simples gadgets technologiques : « Cette livraison représente un tournant décisif », a déclaré Bruno Blin, président de Renault Trucks.
Camions électriques et énergie verte : Carlsberg mise sur une logistique propre
Les 20 camions opèrent depuis 15 sites logistiques suisses pour des tournées de 100 à 200 kilomètres par jour, et sont rechargés exclusivement à partir d’électricité issue de sources renouvelables. « Nous utilisons de l’énergie solaire pour alimenter douze de nos sites », précise Carlsberg sur sa page officielle Case Stories.
La complémentarité entre le transport ferroviaire longue distance et la distribution urbaine en électrique est mise en avant comme modèle de logistique durable. L’entreprise assume son ambition : « Cette flotte représente aujourd’hui la plus importante d’Europe dans le transport de boissons par camion électrique », a fait savoir Thomas Amstutz, le PDG de Feldschlösschen.
Un symbole, mais pas une révolution ?
Alors, Carlsberg révolutionne-t-il vraiment le transport ? Ou s’agit-il d’un coup marketing bien emballé ? Si l’initiative est saluée, certains observateurs rappellent que l’électrification seule ne suffit pas. Comme l’a fait remarquer le think tank danois Concito, sans incitations publiques fortes, la transition restera marginale. « Les camions électriques sont désormais une réalité à la fois commerciale et écologique », admet Thomas Stalder, de Carlsberg Suisse, mais cela reste un pari coûteux.
Et Renault Trucks dans tout ça ? Le constructeur pousse les feux. En plus de ses gammes Z.E. actuelles, il annonce la sortie en 2025 du E-Tech T, un camion longue distance avec 600 kilomètres d’autonomie. De quoi étendre la logique de Carlsberg à l’échelle continentale ?








