Le surf, véritable emblème de l’Australie, va bien au-delà d’un simple loisir : il fait partie intégrante du quotidien des locaux. Mais, pratiquer ce sport excitant n’est pas d’un bleu, surtout avec ces attaques de requins qui planent sur les côtes australiennes. Une récente recherche menée par des experts pourrait bien transformer la donne en rendant le surf plus sûr.
Le surf et le risque des attaques de requins
En Australie, le surf est un sport national par excellence, même s’il comporte son lot de dangers, notamment à cause du réchauffement des océans. Depuis 1971, on a recensé plus de 1 200 incidents impliquant des requins, avec 255 cas fatals. Les surfeurs, souvent pris pour des phoques par ces prédateurs marins, enregistrent en moyenne 20 blessures et près de trois décès par an durant la dernière décennie. Face à ces chiffres qui font froid dans le dos, les chercheurs se sont attelés à trouver des solutions innovantes.
Des recherches qui donnent de l’espoir pour sécuriser le surf
Une étude publiée dans la revue Wildlife Research a été menée par l’université Flinders et le département des industries primaires de Nouvelle-Galles du Sud. Le but ? Diminuer les risques d’attaques pour tous ceux qui bravent les vagues. Pour y parvenir, les scientifiques ont testé des lumières puissantes installées sur les planches de surf afin de tenir à distance les requins.
Les essais se sont déroulés dans la baie de Mossel, en Afrique du Sud. Des leurres en forme de phoque, équipés de différentes lumières LED, ont été utilisés. Il en ressort que les lumières horizontales, d’une intensité plus marquée, font fuir les requins plus efficacement que les verticales. Notamment, les sources lumineuses les plus éclatantes ont vraiment fait la différence.
Matériaux anti-morsures : un bond en avant
Les chercheurs n’ont pas fait siennes que les lumières. Ils ont également mis à l’épreuve quatre matériaux dits « anti-morsures » : Aqua Armour, Shark Stop, ActionTX-S et Brewster. Ces innovations, incorporant des fibres robustes et légères comme le Kevlar et celles utilisées pour les cordages nautiques, se sont avérées bien plus résistantes que le néoprène traditionnel aux coups de dents des requins.
Les essais ont été réalisés directement sur le terrain, face à deux espèces particulièrement redoutées : le grand requin blanc et le requin-tigre. Dans le golfe Spencer, au sud de l’Australie, et autour de Norfolk Island dans le Queensland, des appâts ont d’abord attiré ces prédateurs avant d’être remplacés par des dispositifs recouverts par les matériaux testés.
Nouvelles perspectives pour la sécurité des surfeurs
D’après le professeur Charlie Huveneers, qui dirige le Southern Shark Ecology Group à l’université Flinders, ces combinaisons pourraient nettement réduire les pertes de sang et les sévères traumatismes causés par les morsures. En offrant aux surfeurs une protection en plus, elles pourraient bien sauver des vies.
En parallèle, la surveillance des requins en Australie utilise déjà un éventail technologique avancé, incluant drones, filets anti-requins et systèmes de marquage destinés à améliorer la sécurité des vacanciers. Ces innovations personnelles viennent compléter ces dispositifs collectifs.
Laura Ryan, biologiste à l’université Macquarie en Australie, rappelle que « la peur des requins blancs existe depuis bien longtemps », mais grâce à ces progrès scientifiques, on en apprend davantage sur leur rôle écologique.








