American Express dégaine 3,5 millions d’euros pour soutenir les petits restaurants

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American Express dégaine 3,5 millions d’euros pour soutenir les petits restaurants © RSE Magazine

American Express vient d’annoncer une aide financière exceptionnelle de 3,95 millions de dollars américains – soit environ 3,5 millions d’euros – pour soutenir les petits restaurants indépendants dans plusieurs pays, dont la France. Ce programme, intitulé « Backing International Small Restaurants », s’inscrit dans une stratégie mondiale de revitalisation économique locale, en particulier dans les cœurs de villes.

American Express mise sur les restaurants pour réanimer les centres-villes

L’entreprise de services financiers American Express n’en est pas à son coup d’essai en matière de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Avec « Backing International Small Restaurants », elle s’attaque à un enjeu de taille : préserver le tissu des petits restaurants, souvent premiers victimes des crises économiques successives. Ce programme s’appuie sur un partenariat avec l’International Downtown Association Foundation (IDA) et prévoit de distribuer près de 1,45 million de dollars américains (environ 1,3 million d’euros) à 100 établissements dans plusieurs pays. Parmi les bénéficiaires : le Royaume-Uni, le Mexique, l’Australie, le Japon, le Canada… et désormais la France.

La portée n’est pas anodine. « La gastronomie a le pouvoir de rassembler, et nous voulons offrir à ces restaurants le soutien nécessaire à leur rénovation et leur fonctionnement », affirme American Express.

La France dans la boucle : 13.000 euros pour dix établissements du Grand Paris

Pour sa première édition hexagonale, le programme cible spécifiquement la Métropole du Grand Paris. Dix restaurants éligibles y recevront chacun une subvention de 13.000 euros, destinée à financer des actions concrètes : rénovation des cuisines, modernisation numérique, réaménagement des espaces de restauration. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 30 juin 2025.

L’ambition est claire : donner à ces établissements de proximité les moyens de s’adapter, d’innover, et surtout, de survivre. Mais derrière la générosité de façade, certains pourraient s’interroger : dix restaurants dans une agglomération aussi dense que le Grand Paris, n’est-ce pas un peu court ?

Centre-Ville en Mouvement, un relais local engagé

Côté français, le partenaire opérationnel n’est autre que l’association Centre-Ville en Mouvement. Fondée en 2005, cette organisation regroupe élus, parlementaires et collectivités locales. Sa mission ? Fédérer les acteurs de terrain autour de la revitalisation des cœurs de ville. Avec un réseau de 679 collectivités adhérentes, l’association agit sur des thématiques variées – commerce, urbanisme, mobilité, environnement – pour tenter d’enrayer le déclin des centres-villes. Son directeur-fondateur, Pierre Creuzet, ne cache pas son enthousiasme : « Les restaurants jouent un rôle essentiel dans l’attractivité de nos centres-villes et de nos quartiers, cette aide […] est donc très importante pour la vitalité de nos villes ».

Le programme est donc aussi une vitrine pour cette association, qui fête cette année ses vingt ans. Et un test grandeur nature pour mesurer l’efficacité d’un partenariat public-privé à échelle urbaine.

Le précédent américain : une inspiration bien huilée

Ce programme s’inscrit dans une lignée plus large. Aux États-Unis, Backing Historic Small Restaurants fête son cinquième anniversaire. Mis en œuvre avec le National Trust for Historic Preservation, il a déjà soutenu 130 établissements à hauteur de cinq millions de dollars américains depuis sa création. En 2025, il prévoit de verser 2,5 millions supplémentaires à 50 restaurants historiques. Là encore, l’idée est de conjuguer mémoire culinaire, patrimoine architectural et développement économique local.

David Downey, directeur général de la Fondation IDA, le résume ainsi : « Cette initiative apporte un soutien essentiel aux restaurants indépendants qui sont le cœur et l’âme de nos centres-villes ». Et en France comme ailleurs, ce « cœur » bat souvent à l’agonie.

Des aides ciblées mais des besoins colossaux

Reste une interrogation : ce type de programme, aussi louable soit-il, peut-il véritablement changer la donne ? Face aux fermetures en cascade, à la montée des charges, à la désertification des quartiers commerçants, dix subventions de 13.000 euros en France ne représentent qu’un baume symbolique. Une opération de communication ? Un premier pas ? Ou un modèle à amplifier ?

Les acteurs publics sont ici interpellés. Et les collectivités locales, souvent désarmées, voient dans ces partenariats un levier potentiel pour relancer l’économie de proximité. Reste à voir si l’effet d’entraînement sera au rendez-vous.

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