Alerte rouge canicule : droits et devoirs des employeurs

La gestion de cette alerte rouge ne doit donc pas se limiter à une réaction ponctuelle, mais s’inscrire dans une stratégie globale d’adaptation au changement climatique.

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Alerte rouge canicule : droits et devoirs des employeurs | RSE Magazine

En cette journée marquée par une alerte rouge canicule émise par Météo-France sur 16 départements et une alerte orange sur plusieurs dizaines d’autres, les nouvelles obligations qui incombent désormais aux employeurs prennent un relief tout particulier. Un décret d’application publié le 2 juin 2025 encadre désormais de manière stricte les mesures à adopter pour protéger les salariés exposés aux fortes chaleurs, notamment en cas d’alerte rouge.

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L’alerte rouge canicule est déclenchée lorsqu’un épisode de chaleur atteint des niveaux extrêmes, susceptibles de provoquer une saturation des systèmes sanitaires, une hausse significative de la mortalité, et des perturbations graves dans les activités économiques. Dans ce contexte, la loi impose à l’employeur de réagir en modifiant sans délai l’organisation du travail. Les horaires doivent être adaptés pour éviter les heures les plus chaudes, les tâches pénibles suspendues en milieu de journée, et les temps de repos prolongés et mieux répartis.

Le décret n°2025-482 du 27 mai 2025 renforce ainsi le Code du travail. Il prévoit des aménagements spécifiques dès le seuil de vigilance jaune, mais impose des mesures renforcées dès l’alerte orange, et obligatoires en cas d’alerte rouge. En plus des réorganisations horaires, les entreprises doivent équiper les postes de travail de protections solaires (stores, films occultants), de systèmes de ventilation ou de brumisation. La mise à disposition d’eau potable fraîche devient impérative : un minimum de trois litres par salarié et par jour doit être garanti, même sans accès à un réseau d’eau.

Toutes les entreprises sont concernées par la nouvelle réglementation

Les équipements individuels ne sont pas en reste : couvre-chefs, vêtements respirants ou rafraîchissants, lunettes de protection… doivent être fournis par l’employeur. Des formations spécifiques sur les risques liés à la chaleur, les symptômes à reconnaître (coup de chaleur, déshydratation, perte de conscience) et les gestes de premiers secours deviennent obligatoires. Une attention renforcée doit être portée aux personnes vulnérables, notamment les femmes enceintes ou les salariés souffrant de pathologies chroniques.

Le non-respect de ces mesures expose l’entreprise à une mise en demeure de l’inspection du travail. Cette dernière peut intervenir rapidement, notamment en cas de signalement par un salarié ou un représentant du personnel. L’été dernier, 1 500 contrôles avaient déjà été effectués ; ce chiffre pourrait être revu à la hausse cette année, dans un contexte d’intensification climatique.

Ce nouveau cadre légal ne s’adresse pas uniquement aux grandes entreprises. Les TPE, PME, exploitations agricoles ou chantiers BTP sont également concernés. Dans ces secteurs, les risques sont particulièrement élevés et les adaptations souvent plus difficiles à mettre en œuvre. Pourtant, les textes sont clairs : l’employeur est responsable de la sécurité de ses salariés, y compris en situation de canicule extrême. La gestion de cette alerte rouge ne doit donc pas se limiter à une réaction ponctuelle, mais s’inscrire dans une stratégie globale d’adaptation au changement climatique.

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