L’Afghanistan a récemment connu une série de secousses qui ont chamboulé l’est du pays. Dans la nuit du jeudi au vendredi 5 septembre 2025, au moins cinq répliques de magnitude moyenne ont ébranlé la région, rajoutant dix blessés à un bilan déjà lourd. Ce nouveau coup du sort survient alors que le pays tentait à peine de se relever d’un fort séisme qui avait touché la province de Kounar.
Les zones touchées
Les tremblements se sont ressentis dans huit provinces de l’est, avec une intensité marquée dans les provinces de Nangarhar, Laghman et Kounar. Le séisme principal, avec une magnitude de 6, a frappé Kounar et causé de sérieux dégâts dans les villages alentour. Les secousses n’ont pas épargné non plus Kaboul, la capitale afghane, ni Islamabad, capitale du Pakistan voisin.
Le bilan est désolant : plus de 2 200 personnes ont perdu la vie et près de 4 000 autres se retrouvent blessées. Aux alentours de 7 000 maisons se sont effondrées, laissant des milliers de familles sur le carreau. On estime qu’entre 50 000 et 60 000 personnes vivent actuellement dans les zones affectées. Les équipes de secours continuent de fouiller les villages isolés, souvent bloqués par des éboulements et des glissements de terrain, pour espérer retrouver d’éventuels survivants.
Les survivants en difficulté
La vie quotidienne des rescapés est vraiment ardue. De nombreuses familles doivent dormir à la belle étoile, même sous la pluie, sans accès aux indispensables tentes, eau potable, nourriture et médicaments. La situation en termes d’hygiène est aussi préoccupante, avec l’accès aux toilettes quasi inexistant – les femmes peinent à trouver un moment où elles peuvent se soulager en toute intimité.
Ijaz Ulhaq Yaad, haut fonctionnaire du district de Nourgal, explique que certains villages restent toujours sans aide. Zahir Khan Safi, un agriculteur local, insiste sur l’urgence en déclarant : « Il nous faut des tentes, de l’eau, de la nourriture et des médicaments en urgence ».
Les obstacles pour les secours
L’accès aux zones sinistrées se révèle compliqué à cause des routes montagneuses, très escarpées et en mauvais état. Les risques d’éboulements ne manquent pas, ce qui rend la tâche encore plus ardue pour les autorités locales et les équipes d’aide. Vincent Rouvier, président de la section afghane de Handicap International, précise : « Le problème principal reste l’accès puisque dans cette zone, les routes montagneuses sont très escarpées et elles ont subi beaucoup de dégâts ».
Les associations humanitaires se heurtent à ces difficultés sur le terrain. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) craint que le nombre de victimes ne s’alourdisse encore et alerte sur la menace d’épidémies en raison des conditions sanitaires préoccupantes. D’ailleurs, l’OMS a lancé un appel à fonds pour réunir quatre millions de dollars, pendant que l’ONU a débloqué cinq millions pour contribuer aux opérations de secours.
Récits du terrain
Les témoignages des habitants dressent le portrait d’une situation inquiétante empreinte de peur et de désarroi. Enamullah Safi raconte son expérience à la rédaction de Midi Libre en disant : « Je n’ai pas pu dormir de la nuit parce que j’avais trop peur », ajoutant qu’il subit chaque nuit le froid mordant, partageant une couverture avec plusieurs personnes.
D’après Hamdullah Fitrat, porte-parole adjoint du gouvernement, « des centaines de corps ont été retrouvés dans les maisons détruites ». Vincent Rouvier, quant à lui, prévoit que le bilan pourrait être bien plus lourd que ce qui a été officiellement annoncé.
La réponse internationale doit être rapide pour éviter que la situation humanitaire ne se détériore encore davantage en Afghanistan. Il est urgent d’apporter un soutien immédiat tout en prévoyant une aide durable pour permettre aux survivants de rebâtir leur quotidien après ce drame dévastateur.








