Une nouvelle étude publiée le 17 septembre 2025 met en lumière les inquiétudes grandissantes liées aux émissions de particules fines provenant des usines d’ArcelorMittal à Fos-sur-Mer et à Dunkerque. Le rapport, réalisé par l’association Respire, relève que les niveaux de pollution dépassent régulièrement les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Cette situation soulève des interrogations importantes sur la santé publique dans la région et demande une réaction rapide.
ArcelorMittal et ses effets sur l’environnement
ArcelorMittal, considéré comme l’un des plus gros pollueurs industriels en France, gère deux sites majeurs à Fos-sur-Mer et à Dunkerque. Ces installations génèrent près de 25 % des émissions industrielles de CO2 du pays. Si l’on se focalise souvent sur les gaz à effet de serre, Respire insiste sur les conséquences sanitaires des particules fines. Comme le rappelle Isabelle Imhof, chargée de mission pour Respire, « l’industrie sidérurgique ne concerne pas uniquement les gaz à effet de serre, c’est aussi une question de santé publique. »
Comment l’étude a été faite et ses résultats
Pour cette étude, des relevés ont été effectués en avril et en juin 2025 autour du site industriel de Fos-sur-Mer. Des capteurs ont été installés de façon stratégique près du canal d’Arles à Bouc, sur la plage du Cavaou et aux abords de la plage Saint-Gervais (afin de tenir compte des vents dominants). Les mesures indiquent que même quand l’usine est arrêtée, des pics notables de pollution se produisent.
Les concentrations relevées dans une dizaine de lieux quotidiens montrent que sept sites sur huit affichent des taux préoccupants. Par exemple, la plage du Cavaou enregistre une pollution deux fois supérieure aux seuils recommandés par l’OMS. Ces taux élevés se traduisent par une hausse sensible des maladies respiratoires chroniques, cardiovasculaires, ainsi que par un nombre plus important de cas de cancers et de diabète dans la région.
La situation sanitaire délicate à Fos-sur-Mer
La pollution de l’air affecte directement les habitants qui vivent à proximité des usines. Dès 2017, l’Anses avait fait le lien entre la pollution locale et divers problèmes de santé en augmentation. En mars 2025, ArcelorMittal a été mise en examen pour pollution, suite aux plaintes déposées en 2024 par un collectif d’habitants pour « contamination par les PFAS ». Daniel Moutet, président de l’association ADPLGF, résume bien le sentiment général : « On ne veut pas que les industries ferment, on souhaite simplement qu’elles cessent de polluer ! »
La surveillance et les défis environnementaux
La dangerosité des particules fines tient à leur capacité à pénétrer profondément dans le poumon et le sang humain. Pourtant, ces particules ne sont pas toujours prises en compte par les dispositifs réglementaires actuels. L’observatoire Atmosud est même accusé de minimiser les pics de pollution dans ses rapports.
Depuis sa création en 2011, l’association Respire ne ménage pas ses efforts pour améliorer la qualité de l’air en France. Elle soutient activement les personnes affectées par la pollution atmosphérique tout en informant le public sur les risques invisibles qui menacent leur santé au quotidien.








