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23/11/2019

Performance et bien être en entreprise : osez l’empathie !

Marie Laurent



Marie LAURENT est coach professionnel et sophrologue, chargée de formation VEILLE CONFERENCES & FORMATIONS (Lex Squared)


Aujourd’hui, de plus en plus d’entreprises misent sur le bien être des salariés comme levier de performance.

Dans le cadre de la prévention des risques psychosociaux et de l’amélioration du bien-être et de la qualité de vie au travail, il est pertinent pour chacun de chercher à développer ses compétences personnelles.

En 1993, l’Organisation Mondiale de la Santé a défini les compétences psychosociales comme suit :    « les compétences psychosociales sont la capacité d’une personne à répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne. C’est l’aptitude d’une personne à maintenir un état de bien être mental, en adoptant un comportement approprié et positif à l’occasion des relations entretenues avec les autres, sa propre culture et son environnement ».

Parmi ces compétences, se trouve l’empathie.

Selon la définition du Larousse, l’empathie est la « faculté intuitive de se mettre à la place d’autrui, de percevoir ce qu’il ressent ». Se mettre à la place d’autrui permet de reconnaitre ses émotions, ses sentiments et de comprendre sa vision des choses.

Dans le domaine des relations humaines, l’empathie joue un rôle fondamental, car une solide compréhension du point de vue d’autrui est à la base d’une communication réussie.
D’ailleurs, l’empathie fait partie des soft skills, ces compétences et qualités comportementales, relevant du capital humain et du savoir être, qui sont de plus en plus recherchées par les recruteurs.
Faire preuve d’empathie atteste un certain degré d’intelligence émotionnelle, qui désigne la capacité à gérer efficacement ses émotions et celles des autres.

Une personne empathique s’intéresse à l’autre, l’écoute attentivement et lui pose des questions pour lui faire exposer son point de vue, dans le but de comprendre ce qui la motive.

Aussi la personne empathique est capable de :
  • Se mettre à la place de l’autre, de comprendre ce qu’il ressent.
  • Comprendre les raisons pour lesquelles une autre personne pense et agit d’une certaine façon.
  • Reconnaitre sincèrement, c’est-à-dire accepter le point de vue de l’autre, même si elle n’est pas d’accord avec sa vision des choses.
Une personne empathique incarne la bienveillance, elle n’est pas dans le jugement. Elle instaure une relation de confiance et elle motive l’autre à s’ouvrir. Les leaders inspirants possèdent cette qualité puissante.

Développer l’empathie contribue fortement à diminuer les tensions relationnelles et les conflits, qui sont l’une des sources de stress et de démotivation au travail.
Un manager empathique va exercer une influence positive sur ses collaborateurs. Il n’est pas dans une posture de donneur d’ordre, mais dans une relation basée sur l’écoute et le dialogue qui favorise la qualité de l’échange. Il prend en considération leur point de vue et s’adapte pour les motiver à s’ouvrir à ses idées et à coopérer.

L’empathie est une qualité plus ou moins développée chez les individus. Chez certains c’est naturel, ils ont ce talent depuis toujours. Toutefois, il arrive que certaines personnes ressentent trop d’empathie. D’autres, au contraire éprouvent de la difficulté à se mettre à la place d’autrui.
Heureusement, quel que soit son degré d’empathie, il est possible de travailler pour trouver le bon équilibre.

Prenons le cas d’un manager trop empathique. Celui-ci peut avoir tendance à s’oublier et à prendre en charge une partie du travail d’un ou plusieurs collaborateurs qu’il sait en difficulté. Dans ce cas, il va se comporter en sauveur, ce qui risque de nuire, non seulement à son efficacité personnelle mais aussi à la qualité de ses relations. Pour lui, il s’agira, entre autres, d’apprendre à poser des limites, afin de rester dans son rôle de manager.

Un manager qui manque d’empathie risque pour sa part de rencontrer une résistance de la part de ses collaborateurs, un manque de motivation à coopérer. Celui-ci pourra entre autres, travailler à développer sa capacité d’écoute et d’acceptation.
Pour faire preuve d’empathie, il est essentiel de ne pas penser à la place de l’autre, de ne pas faire de suppositions par rapport à ses propres expériences, de ne pas projeter ses propres valeurs sur l’autre afin de ne pas être dans une forme de jugement.

A ce titre, il est important de souligner que l’empathie diffère de la sympathie et de la compassion, en ce sens qu’être en empathie avec une personne ne signifie ni ressentir à sa place ni souffrir avec elle, ni chercher des solutions pour l’aider à être mieux.
D’autre part, comprendre et accepter le point de vue d’autrui ne signifie pas le partager systématiquement. Il s’agit de se montrer souple et ouvert à la vision de l’autre afin qu’il se sente compris et respecté, tout en étant capable de lui exprimer un message différent, voire un refus.
Pour être dans une empathie juste, il est nécessaire de bien se connaitre, de gérer efficacement ses émotions et de savoir mettre son ego de côté.

Bien se connaitre nécessite de se questionner en profondeur, pour développer une bonne conscience de soi, de ses propres émotions et sentiments pour ne pas les confondre avec ceux des autres. L’introspection amène progressivement à une meilleure compréhension de soi, de ses motivations, de ses qualités et imperfections, et permet de travailler à diminuer l’influence de ses peurs et croyances limitantes et d’accroitre son estime de soi et sa confiance en soi.  Ce travail peut être facilité et accéléré avec l’aide d’un professionnel de l’accompagnement.

En matière de prévention des risques psychosociaux, plusieurs pratiques permettent d’améliorer la qualité de vie au travail. Le coaching et la sophrologie sont des choix judicieux car ces méthodes instaurent un changement durable des comportements. En permettant aux dirigeants et aux managers de gagner en leadership, pour mieux stimuler et challenger leurs collaborateurs et en aidant ces derniers à gagner en bien-être et en efficacité, elles contribuent à la performance individuelle et collective.