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27/01/2020

Maitriser son critique intérieur : une clé de réussite

Marie Laurent



Le critique intérieur est cette petite voix en nous, qui porte des jugements négatifs sur ce que nous disons, faisons et sommes. Parfois sévère et exacerbée, cette autocritique est source de stress et constitue une entrave au bonheur et à la réussite.


Heureusement, il est tout à fait à possible d’apprendre à maitriser son critique intérieur pour le mettre au service de notre épanouissement.
Le critique intérieur trouve son origine dans l’éducation et les messages exprimés par les parents, les figures d’autorité et l’entourage, que l’enfant a intériorisé et sous l’influence desquels il s’est construit.

Il juge, limite, exagère, compare, dénigre : « tu n’aurais pas dû dire ça », « tu n’es pas capable », « c’est complètement raté », « tu n’es pas aussi bien qu’untel » etc. Il lui arrive d’exprimer un jugement catégorique de la personne : « tu es nul ! », « quel idiot ! » etc.
Une éducation rigide et autoritaire, des exigences élevées, des attitudes ayant été ressenties de manière blessante, ont conditionné la personne à n’être jamais satisfaite d’elle-même et à prendre l’habitude de se juger sévèrement dans le but inconscient de se protéger du jugement des autres et du rejet.  Puis, cette façon de faire a pu être renforcée au cours de sa vie par ses expériences personnelles et professionnelles.

Profondément ancrée dans le subconscient, cette habitude active automatiquement les messages négatifs, sans que la personne n’y prête vraiment attention, loin d’imaginer à quel point ce genre de pensées nuit à son bien-être et à son efficacité.
En effet, nos expériences sont les résultats de nos pensées, émotions et comportements, lesquels s’influencent constamment les uns les autres.
Prenons l’exemple d’une personne qui prépare un concours, qui doute de ses capacités et croit qu’elle n’est pas vraiment à la hauteur.

A chaque fois qu’elle rencontre une difficulté, elle se répète machinalement « Tu es vraiment une incapable ! Tu n’y arriveras jamais ! ». Elle ressent beaucoup de stress, se décourage facilement, peine à avancer. Cela peut la mener à abandonner ou à échouer. Son critique intérieur pourrait alors lui confirmer « Tu vois, je te l’avais bien dit que tu es une incapable ». Si elle réussit, il pourrait lui dire « tu as eu de la chance mais… » et la harceler en lui listant tout ce qu’elle n’a pas fait assez bien. Ces insinuations insidieuses maintenant le doute quant à ses capacités, la personne n’arrive pas à se réjouir pleinement de son succès. Dans les deux cas, sa croyance de ne pas être à la hauteur se valide.

Cette façon tyrannique et dévalorisante de communiquer avec soi-même s’associe souvent au perfectionnisme et à la procrastination.
Ces auto-jugements toxiques sont plus ou moins fréquents selon les personnes, les évènements et leur enjeu. Ils peuvent être plus prononcés quand une personne se trouve en situation de vulnérabilité, par exemple, lorsqu’en période de changement, elle doit sortir de sa zone de confort pour s’adapter à la nouveauté ou bien lorsqu’elle doit faire face à des pressions professionnelles ou personnelles récurrentes.

A force de répétition, les affirmations négatives sur soi entretiennent un cercle vicieux d’insatisfaction, de culpabilisation et de dévalorisation, ce qui affecte l’estime de soi et la confiance en soi.
C’est l’une des raisons pour lesquelles, certaines personnes manquent d’ambition ou n’évoluent pas comme elle le pourraient,  bien que possédant de nombreuses qualités et compétences.

Il est donc impératif de prendre le contrôle de ses pensées et d’apprendre à maitriser son critique intérieur dès lors que l’on souhaite accéder à plus de réussite et de satisfaction dans chaque domaine de sa vie.
La première chose à faire est de surveiller ses pensées pour prendre vraiment conscience de son dialogue intérieur car on ne peut pas agir sur quelque chose que l’on ignore. Il faut faire des efforts pour repérer ces autocritiques, qui sont noyées dans le flot continu des pensées.

Ensuite, il faut apprendre à remettre en question la pertinence de ces messages, en s’interrogeant sur leur bienfondé : qu’est-ce qui est réel, exagéré, rabaissant, etc. ?
Il s’agit de faire preuve de précision afin d’être le plus impartial possible, de bien faire la différence entre ce qui est factuel et ce qui est de l’ordre de l’interprétation subjective.

Après une présentation en réunion de travail, le critique intérieur d’un individu pourrait s’exprimer ainsi : « Tu aurais dû savoir répondre à la question d’untel, tu es nul, on va te trouver incompétent, décidément tu n’es pas à la hauteur ».
Après avoir fait une évaluation objective, la personne pourra donner un sens plus juste à l’évènement. Ainsi, elle se sentira plus calme et disponible pour se mettre dans une position de comprendre son erreur et d’en tirer la leçon. Elle pourra ensuite remplacer le jugement partial et extrême par une autocritique positive : « Je n’ai pas su répondre à la question d’untel mais globalement mon intervention s’est bien passée et je suis satisfait de ma présentation. La prochaine fois, je me préparerai plus et je ferai mieux ».

Elle aura plus confiance en ses capacités, ce qui la motivera davantage à trouver des solutions pour s’améliorer.
Il est essentiel d’être bienveillant envers soi-même en ne se jugeant pas de manière globale : « je suis nul », « je ne suis pas à la hauteur » etc. Se rappeler que chaque être humain possède des aspects positifs et négatifs, tout comme savoir se féliciter pour ses réussites permet de nourrir son estime de soi et de s’encourager à agir.

Plus un individu s’auto-évalue de façon constructive, moins il se juge, et moins il est affecté par le jugement des autres, ce qui est favorable à la confiance en soi et au développement de relations interpersonnelles de qualité.
Il arrive que le critique intérieur d’une personne se manifeste de façon plus ou moins implicite durant un coaching. Le coach peut aider son client dans le processus de résolution, en facilitant les prises de conscience, les prises de recul, ainsi que la transformation profonde et durable de ces freins en ressources.

Remplacer de vieux schémas de pensée par d’autres, plus bénéfiques, demande de l’engagement, de l’entrainement et de la persévérance. C’est un travail qui peut amener des résultats rapides si la personne parvient à rester attentive à ses pensées. Repérer les messages toxiques de son critique intérieur pour les utiliser de façon positive et constructive est l’une de clés pour développer un état d’esprit optimiste, propice à l’épanouissement professionnel et personnel.

Marie Laurent, coach professionnel et sophrologue, chargée de formation Veille Conférences et Formations (Lex Squared)
 




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