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22/07/2019

Greta Thunberg à l’Assemblée, la com’ ne peut rien pour la planète

Sébastien Arnaud



Le jour même où le Ceta sera vraisemblablement validé par nos députés, ces derniers vont recevoir Greta Thunberg. L’accueil de cette enfant suédoise qui a été érigée en symbole du combat climatique est symptomatique d’une écologie moralisante et inopérante.


Creative Commons - Pixabay
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Le hasard du calendrier permet d’économiser des mots. Inutile en effet de se lancer dans une grande démonstration et d’user d’arguments à rallonge pour saisir toute l’absurdité de la situation. Le jour où la militante suédoise va être reçue en grandes pompes à l’Assemblée nationale, les députés français vont vraisemblablement valider le Ceta (Voir notre article à ce sujet). 

L’opération politique est en tout cas réussie puisque l’opposition a critiqué la venue de la militante. Les critiques se sont – de façon plutôt légitime – focalisées sur la personnalité et le discours de la jeune suédoise. Que la plus haute chambre de notre pays accueille une militante de 16 ans comme s’il s’agissait d’un chef d’Etat en dit long sur la vision de l’écologie. Des coups, des événements politiques et symboliques qui seront réussis s’ils sont en plus présenter comme un acte de courage. De ce point de vue l’opposition de droite est bien tombée dans le panneau en appelant à boycotter la séance. Faisant ainsi passer la majorité et le gouvernement pour de courageux militants. 

Le véritable courage aurait pourtant été de s’interroger sur la cohérence entre les discours et les actes. Est-ce que le Ceta est compatible avec les grandes envolées lyriques concernant la lutte contre le réchauffement ? Et si oui, par quels instruments Bruxelles et Paris comptent-ils protéger leurs normes environnementales face à la concurrence des partenaires commerciaux ? Des questions autrement plus utiles et intéressantes qu’un événement de communication. D’autant que la jeune Greta Thunberg n’a pas besoin des institutions pour être connue du grand public. Puisqu’elle s’est fait connaitre par ses appels à la mobilisation des jeunes, il semble plutôt que ce soit l’institution qui cherche à s’appuyer sur elle. Voir dans l’écologie un outil de communication, c’est prendre le risque de susciter de la méfiance dès que le sujet est abordé.





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