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05/06/2019

Florence Provendier : "œuvrer sans relâche et à ma mesure, à un monde plus juste"

La rédaction



À l'occasion de la journée mondiale de l'environnement, le mercredi 5 juin, rencontre avec Florence Provendier, députée (LREM) de la 10e circonscription des Hauts-de-Seine. Commissaire des Affaires culturelles et de l’Éducation de l'Assemblée nationale elle est également membre du groupe de parlementaires "Accélérons" engagés sur la transition écologique et solidaire.


La députée Florence Provendier (LREM), à l'Assemblée nationale, le 27 novembre 2018. Christophe Archambault/AFP
La députée Florence Provendier (LREM), à l'Assemblée nationale, le 27 novembre 2018. Christophe Archambault/AFP
Madame la députée, vous avez exercé des fonctions de responsabilité en entreprise pour la RSE, avant votre mandat. Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de votre engagement politique ?
 
En effet, avant de devenir parlementaire, j’ai un double parcours de cadre dirigeant en entreprise et dans l’humanitaire. Avant même de m’intéresser à la RSE, c’est au sein du groupe Sodexo que j’ai abordé professionnellement les enjeux environnementaux, de santé publique, d’intégration sociale et d’impact énergétique, entre autres. Près de 20 ans après, je mesure à quel point le partage de la valeur avec en son cœur l’environnement était et est toujours impératif.
 
Forte de cette expérience, j’ai ensuite impulsé la démarche RSE dans deux entreprises. Je me suis employée, sur la base des 3 grands piliers de la RSE à valoriser un maximum d’initiatives de collaborateurs, mais aussi de clients. C’est certainement grâce à ces expériences, que j’ai décidé de travailler ensuite dans l’humanitaire, non pas parce que l’herbe y est plus verte, mais pour œuvrer plus directement auprès des bénéficiaires, qui en l’occurrence étaient des enfants et leurs familles, partout à travers le monde.
 
Si cela m’a permis pendant 6 ans de défendre activement les droits de l’enfant comme CEO d’Un Enfant par la Main (ONG), cela a renforcé ma prise de conscience des grandes problématiques de solidarité internationale comme : l’augmentation des catastrophes naturelles dont le rythme s’accélère, l’absolue nécessité de donner de l’eau potable à tous, la migration géographique au motif des changements climatiques et j’en passe…
 
À quoi bon se préoccuper des droits de l’enfant si son environnement ne lui permet pas de grandir dans de bonnes conditions ?
 
Votre passage en entreprise est-elle, selon vous, un atout pour définir et promouvoir une politique de transition énergétique ? peut-on parler de « Realpolitik » sur ce sujet ?

La promesse du candidat Emmanuel Macron et de la République en Marche était de faire de la politique autrement, permettant à la société civile, dont je fais partie, de participer à la vie parlementaire.
 
Mon expérience en entreprise et dans l’humanitaire m’est précieuse pour traiter les sujets sur lesquels j’ai décidé de m’investir à l’Assemblée nationale et en circonscription ; à savoir les droits de l’enfant dans le respect des objectifs de Développement Durable (ODD), la vie associative et bien sur l’enjeu des enjeux de la transition écologique et solidaire.
 
Je ne pense pas qu’on puisse parler de « realpolitik » quand on évoque un sujet aussi brûlant que le réchauffement de la planète. Ça fait 50 ans que l’on connaît les risques de nos modes de vie et enfin, il semble que chacun ait décidé d’agir. La mobilisation citoyenne en témoigne, le gouvernement et les parlementaires s’y emploient. C’est l’objectif du groupe « Accélérons » qui réunit des députés de sensibilités politiques variées et dont je suis membre !
 
La transition écologique et solidaire, c’est l’affaire de tous ! Il faut dépasser les oppositions et les postures :  nous n’avons plus le temps ! Quand les jeunes du mouvement « Youth for Climate » sont venus manifester devant l’Assemblée nationale, je suis allée les écouter. J’ai ensuite reçu des représentants lycéens dans mon bureau pour échanger, car c’est ensemble que nous arriverons à changer de trajectoire. Il nous faut construire un narratif sur la vision du monde que nous voulons et le partager en intelligence collective grâce au dialogue, sans avoir peur des contradictions. Ce n’est pas de la realpolitik, c’est la politique du réel et du quotidien, celle qui prépare demain.
 
A contrario, cela ne freine-t-il pas votre action alors que la « Maison brûle » et que ce mercredi 5 juin est décrété « Journée Mondiale de l’Environnement » ?
  
Savez-vous qui fut le Premier ministre délégué à l’environnement ? Robert Poujade, en 1971. À l’époque il qualifiait son portefeuille de « ministère de l’impossible ». Notre maison commune brûle, mais cette fois-ci, nous sommes tous volontaires pour éteindre l’incendie. Ce qui n’est pas sans rappeler l’histoire du colibri que vous connaissez certainement. Il y a une légende amérindienne qui raconte un incendie de forêt que personne n’arrive à contrôler. Il n’y a qu’un petit oiseau, un colibri, qui transporte des gouttes d’eau avec son bec pour les jeter sur le feu. Alors que d’autres animaux lui demandent s’il pense vraiment éteindre l’incendie avec des petites gouttes d’eau, le colibri répond que peu importe : il fait sa part.
 
Chacun peut agir à son niveau. Nous portons les solutions en nous ! Que ce soit par le développement de transports collectifs, la réduction de l'utilisation des pesticides et des emballages, la lutte contre la surproduction, la limitation des déchets… des mesures concrètes sur lesquelles nous sommes en train de travailler.
   
Avez-vous des regrets quant à l’action gouvernementale menée jusqu’à lors en matière écologique et quelle est votre ambition pour la suite ?
 
Les regrets ne font pas avancer, en revanche le doute peut être un bon moteur dès l’instant où l’on garde le cap. « Ce n’est pas le doute qui rend fou, c’est la certitude » F. Nietzsche.
 
Même si certains estiment que cela ne va pas assez vite, le gouvernement multiplie les mesures en matière d’écologie, qui s’inscrivent chacune dans des projets de loi.
 
Pas plus tard qu’il y a deux jours, François de Rugy a présenté en Conseil des ministres la convention citoyenne sur la transition écologique. Cette convention, composée de 150 citoyens tirés au sort et représentatifs de la diversité de la société est un outil de gouvernance inédit.  Il répond à une double demande de plus de participation et de plus d’écologie exprimée par les Français lors du Grand Débat National. Cette mobilisation de l’intelligence collective permettra de passer du consensus sur le diagnostic au compromis sur les solutions.
 
Mon ambition pour la suite s’inscrit dans la droite ligne de mon engagement de tous les jours, en tant que citoyenne, militante associative et députée : œuvrer sans relâche et à ma mesure, à un monde plus juste.