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04/09/2019

Elevage : le gouvernement reconnaît sa responsabilité




Le 26 août dernier, Emmanuel Macron a, enfin, reconnu la “complicité” de la France concernant les incendies qui ravagent actuellement l’Amazonie. Il a rappelé que cette catastrophe environnementale était directement rattachée à notre dépendance au soja sud-américain, sans toutefois s’en saisir pour mettre en place des leviers d’action concrets. En effet, la France importe massivement du soja d’Amérique du Sud pour nourrir nos animaux d’élevage.


Source : Pixabay, image libre de droits
Source : Pixabay, image libre de droits
"Se retranchant derrière des accords commerciaux pris dans les années 1960 entre l’Europe et les Etats-Unis pour justifier notre dépendance au soja, Emmanuel Macron espère changer la donne en défendant une volonté de produire ce soja sur le territoire français et européen", explique Greenpeace dans un communiqué.

« Il est irréaliste de penser que nous pouvons produire nous-même tout le soja importé en France. Il faudrait que l’on y consacre la totalité des terres agricoles du Morbihan, des Côtes d’Armor et du Finistère ! », rappelle Suzanne Dalle, chargée de campagne Agriculture chez Greenpeace.

« Acquérir une souveraineté protéique, si chère au Président français, ne pourra se faire qu’en réduisant notre production de viande, d’œufs et de produits laitiers. Il faut transformer notre système d’élevage industriel, aujourd’hui à bout de souffle, et favoriser un modèle d’élevage autonome et économe, aux antipodes du modèle des fermes-usines ».

Le gouvernement s’obstine à proposer de fausses solutions à travers un plan protéines végétales qui n’interdit pas l’importation de soja qui contribue à la déforestation, alors que des moyens concrets existent.

« En ne remettant nullement en cause notre modèle agricole et alimentaire, la proposition d’Emmanuel Macron ne fait que reporter le problème d’une zone géographique sur une autre. A quoi bon remplacer des monocultures arrosées au glyphosate au Brésil par des monocultures arrosées aux pesticides tueurs d’abeilles en France ? », souligne Suzanne Dalle.

De plus le gouvernement s’est doté l’an dernier d’une Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI) qui, à ce jour, ne comporte aucune mesure contraignante et prévoit de mettre un terme à la déforestation générée par l’activité de la France d’ici… 2030. En l’état, elle constitue donc une simple liste de bonnes intentions.

Greenpeace France exhorte le gouvernement à se conformer à ses engagements en ne laissant plus entrer aucune matière première ou produit transformé issus de la déforestation, de la dégradation des forêts ou de la conversion des écosystèmes naturels.





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