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20/11/2017

Ces micro-organismes qui colonisent votre habitat

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Acariens, champignons, bactéries, insectes… De nombreux micro-organismes prolifèrent dans nos maisons et peuvent notamment provoquer des problèmes respiratoires. Certains matériaux comme le bois peuvent constituer un milieu propice à leur développement...


Ces micro-organismes qui colonisent votre habitat
Les polluants chimiques comme les composés organiques volatils (COV) ou les perturbateurs endocriniens ne doivent pas faire oublier que la qualité de l’air de notre habitat peut aussi être affectée par des polluants biologiques. Champignons, bactéries, acariens, algues, pollens, virus… Toute une microfaune et une microflore, souvent invisible à l’œil nu, se développe dans notre habitat. Autant de micro-organismes qui peuvent notamment provoquer des réactions allergiques et des problèmes respiratoires.
 
Selon des recherches des universités du Colorado et de Caroline du Nord, un logement contient en moyenne aux Etats-Unis 5 000 espèces différentes de bactéries et 2 000 espèces de champignons. En France, l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) a trouvé des moisissures visibles dans 15 à 20% des logements en France et estime à environ 40% la part totale de résidences hébergeant ce type de champignons microscopiques.
 
Le plus souvent inoffensifs, ces micro-organismes peuvent poser un réel problème pour la santé en cas de prolifération ou de présence de certaines espèces pathogènes. Pour l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), il s’agit là d’« un enjeu majeur de santé publique, du fait de la part importante de logements concernés, des effets avérés sur la santé respiratoire et de l’identification de populations à risque ». Un enjeu reconnu également par l’OMS (Organisation mondiale de la santé), pour laquelle « les mauvaises conditions d’habitat augmentent la prévalence de l’asthme, des allergies respiratoires et de la peau, et des autres maladies pulmonaires ». Le « syndrome des bâtiments malsains » (SBM) recouvre ainsi un ensemble de symptômes non spécifiques touchant la peau, les muqueuses, le système respiratoire ou le système nerveux, associé à une mauvaise qualité de l’air intérieur.
 
Moisissures, bactéries, acariens, etc.
 
Les moisissures, les bactéries et les acariens, en particulier, lorsqu’ils prolifèrent à l’intérieur des bâtiments, peuvent affecter la santé des personnes sensibles, notamment les bébés et les jeunes enfants, les personnes âgées et les individus asthmatiques. Rhinite, sinusite, toux, irritation de la gorge, des yeux et de la peau, voire fièvre et nausées… Les symptômes varient et sont plus sévères pour les personnes souffrant d’asthme, d’autant que la plupart des individus asthmatiques sont également allergiques à ces micro-organismes. Certaines moisissures et certaines bactéries peuvent même libérer des toxines, qui ont été reliées au syndrome des bâtiments malsains, avec parfois des cas d’infections ou d’intoxications graves.
 
Ennemis n°1, les acariens prolifèrent dans les poussières de la maison, matelas, teintures murales, moquettes, papiers peints… Amateurs de chaleur et d’humidité, ces arthropodes d’un quart de millimètre contiennent des protéines allergènes dans leurs déjections, leurs sécrétions salivaires, leurs œufs, leurs larves et leurs débris cellulaires. Ils sont responsables de rhinites allergiques et d’asthme, de conjonctivites, voire de poussée d’eczéma.
 
Les bactéries se développent un peu partout, en particulier sur les matières organiques, et dépendent largement de la présence d’eau. Champignons microscopiques, les moisissures apprécient, quant à elles, les atmosphères douces et humides des cuisines et des salles de bain. Elles ont également besoin d’un milieu nutritif qu’elles trouvent dans les aliments ou dans certains matériaux contenant de la cellulose ou de la lignine, comme le bois ou le tissu.
 
Le bois : un milieu nutritif pour de nombreux micro-organismes
 
Le choix des matériaux de construction, de décoration et d’ameublement n’est donc pas neutre. Les matériaux putrescibles et sensibles à l’humidité sont les plus exposés. Du fait de la cellulose et de la lignine qu’il contient, le bois, par exemple, peut servir de milieu nutritif aux champignons, aux bactéries, et même aux insectes.
 
En présence d’humidité, le bois d’œuvre peut être attaqué, en particulier par des moisissures et des champignons lignivores, provoquant des « pourritures ». Le plus répandu est sans doute la mérule : la lutte contre ce champignon est d’ailleurs inscrite dans le Code de la construction et de l’habitation depuis la loi Alur, de mai 2014, visant à favoriser l’accès pour tous à un logement digne et abordable. Depuis 2006, ce même Code de la construction et de l’habitation prévoit également la protection des bois et matériaux à base de bois participant à la solidité de l’ouvrage contre les insectes à larves xylophages (capricornes, vrillettes, lyctus). Et depuis 2007, la loi impose également des mesures de protection des bâtiments pour prévenir les infestations de termites. Se nourrissant de cellulose, ces insectes xylophages mangent le bois ou le carton, dégradant ainsi meubles, sols et charpentes, en creusant des trous ou des galeries.
 
Pour protéger le bois contre toutes ces attaques biologiques, outre les mesures relatives à l’élimination des sources d’humidité et à la ventilation, des traitements fongicides et insecticides sont utilisés, ce qui revient à substituer aux polluants biologiques des polluants chimiques, dont les effets sur la santé peuvent être au moins aussi néfastes. Dans tous les cas, dans une optique d’amélioration de la qualité de l’air intérieur, le bois est plutôt à éviter.





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