La fonction est honorifique et c’est bien pour cette raison que de nombreuses voix s’étaient élevées. Le général Ahmed Naser Al-Raisi, inspecteur général du ministère de l’Intérieur des Emiras Arabes Unis, a été élu président d’Interpol jeudi 25 novembre. « Le président d’Interpol, désigné pour quatre ans, occupe ses fonctions à temps partiel, de façon bénévole, et conserve ses fonctions dans son pays d’origine. La fonction de président est essentiellement honorifique – le directeur effectif de l’organisation étant son secrétaire général, Jürgen Stock –, mais des organisations de défense des droits humains et des élus européens s’inquiètent de l’arrivée de M. Al-Raisi. Inspecteur général du ministère de l’intérieur émirati, M. Al-Raisi est visé par plusieurs plaintes pour « torture » en France, où siège Interpol, et en Turquie, pays hôte de l’assemblée générale qui se tient à Istanbul depuis mardi » résume l’AFP.
Cette dernière année plusieurs associations et élus européens ont dénoncé cette candidature, arguant que la nomination d’un responsable du système de sécurité des Emirats enverrait un mauvais signal. « Dans l’une des plaintes déposées en France et en Turquie, l’ONG Gulf Centre for Human Rights (GCHR) accuse le général émirati d’« actes de torture et de barbarie » contre l’opposant Ahmed Mansour, détenu depuis 2017 dans une cellule de 4 mètres carrés « sans matelas ni protection contre le froid » et privé d’« accès à un médecin, à l’hygiène, à l’eau et aux installations sanitaires ». Ces procédures n’ont, jusqu’ici, pas abouti. Dans une référence à peine voilée à M. Al-Raisi, la Tchèque Sarka Havrankova, seule autre candidate pour la présidence d’Interpol, a rappelé jeudi matin sur Twitter que les statuts de l’organisation impliquent de « s’opposer aux arrestations et détentions arbitraires et de condamner la torture » » ajoute l’agence de presse.








