La Région Nouvelle-Aquitaine veut mettre fin au flou des labels RSE

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La Région Nouvelle-Aquitaine veut mettre fin au flou des labels RSE © RSE Magazine

Face à la prolifération des labels et des offres en matière de responsabilité sociétale, la Nouvelle-Aquitaine tente de remettre de l’ordre dans un paysage jugé opaque. Avec un appel à manifestation d’intérêt inédit, la Région veut structurer l’écosystème RSE et orienter les entreprises vers des solutions fiables, en lien avec sa stratégie Néo Terra.

Nouvelle-Aquitaine : structurer la RSE face à la multiplication des labels

La Région Nouvelle-Aquitaine est en train de déployer un dispositif ambitieux pour encadrer les démarches de responsabilité sociétale des entreprises. À travers un appel à manifestation d’intérêt (AMI), le Conseil régional entend recenser, évaluer et référencer les labels et solutions d’accompagnement RSE disponibles sur son territoire. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de forte croissance des dispositifs liés à la transition environnementale, mais aussi de confusion pour les entreprises, en particulier les TPE et PME, confrontées à une offre foisonnante et difficile à décrypter.

La multiplication des labels environnementaux et sociétaux a progressivement créé un effet de saturation. Pour les entreprises, notamment les plus petites, identifier les dispositifs crédibles devient un défi. Cet environnement a parfois été comparé à un « Far West » des labels, où coexistent des initiatives de qualité inégale. C’est précisément pour répondre à cette problématique que la Nouvelle-Aquitaine a lancé son AMI. L’objectif est d’établir un cadre lisible et fiable permettant d’orienter les entreprises vers des solutions pertinentes. En se positionnant comme tiers de confiance, la Région souhaite garantir la crédibilité des outils proposés et renforcer leur accessibilité.

Cette démarche vise aussi à accélérer l’engagement des acteurs économiques dans des trajectoires compatibles avec les exigences ESG. En effet, le référencement régional doit permettre de simplifier l’entrée dans des démarches RSE structurées, tout en assurant une cohérence avec les politiques publiques territoriales.

Un double dispositif aligné avec Néo Terra et la transition environnementale

Le dispositif repose sur deux appels distincts mais complémentaires. D’une part, un référencement des labels RSE. D’autre part, une sélection d’offres d’accompagnement destinées à guider les entreprises dans leur transformation. Cette double approche traduit une volonté de couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur de la RSE. Les solutions retenues seront intégrées dans un catalogue régional baptisé « Solutions RSE Néo Terra ». Ce catalogue constituera un outil opérationnel pour les entreprises souhaitant structurer leur stratégie. Il pourra également être mobilisé dans le cadre de l’attribution des aides publiques, renforçant ainsi la logique d’éco-socio-conditionnalité.

L’initiative s’inscrit directement dans la feuille de route Néo Terra, qui constitue la stratégie régionale de transition environnementale. Celle-ci vise à transformer en profondeur les modèles économiques, en intégrant des critères sociaux, environnementaux et territoriaux. De plus, les labels candidats doivent être adossés à la norme internationale ISO 26000, ce qui garantit un socle méthodologique reconnu. Cette exigence vise à écarter les dispositifs peu robustes et à renforcer la crédibilité du référencement.

Nouvelle-Aquitaine : des critères stricts pour garantir la qualité des solutions RSE

Le processus de sélection repose sur un système d’évaluation rigoureux. Les candidatures sont analysées selon plusieurs critères, parmi lesquels la crédibilité des dispositifs, leur accessibilité pour les entreprises, leur impact réel et leur contribution aux objectifs de Néo Terra. Un barème sur 100 points a été mis en place. Pour être retenues, les solutions doivent atteindre un score minimum de 70 points. Ce seuil vise à garantir un niveau d’exigence élevé et à éviter l’intégration de dispositifs insuffisamment éprouvés.

Le calendrier prévoit plusieurs phases de dépôt. Une première échéance a été fixée au 30 avril 2026, suivie d’une seconde le 30 septembre 2026, tandis que la date limite globale est arrêtée au 31 mars 2027. Cette organisation permet d’intégrer progressivement de nouvelles solutions tout en assurant un suivi continu du dispositif. Une fois référencées, les solutions bénéficieront d’une reconnaissance d’une durée de trois ans, selon Le Journal des Entreprises. Cette temporalité offre une visibilité suffisante aux acteurs sélectionnés, tout en permettant une réévaluation régulière.

Une ambition régionale au service des entreprises et de la transformation économique

Au-delà de la structuration de l’offre, l’initiative vise à faciliter l’accès des entreprises à la RSE. Les TPE, PME et associations économiques constituent la cible prioritaire. En effet, ces structures disposent souvent de moyens limités pour s’engager dans des démarches complexes. En proposant un catalogue clair et validé, la Région espère lever les freins à l’engagement. Elle ambitionne également de créer un effet d’entraînement à l’échelle territoriale, en incitant un plus grand nombre d’acteurs à adopter des pratiques responsables.

Par ailleurs, cette démarche pourrait contribuer à harmoniser les standards RSE au niveau régional. En sélectionnant des solutions alignées avec ses priorités, la Nouvelle-Aquitaine renforce la cohérence de son action publique et favorise une convergence des pratiques.

Enfin, le dispositif s’inscrit dans une logique plus large de transformation économique. En conditionnant certaines aides à l’utilisation de solutions référencées, la Région introduit un levier incitatif puissant. Ce mécanisme pourrait accélérer la transition environnementale tout en renforçant la compétitivité des entreprises locales.

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