Clonage infini : cette expérience sur 20 ans révèle une limite que personne n’attendait

Des chercheurs ont révélé qu’après 20 ans d’expérimentations, le clonage des mammifères atteint une limite inquiétante : seuls 0,6 % des clones de la 57e génération survivent.

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Clonage infini : cette expérience sur 20 ans révèle une limite que personne n’attendait
Clonage infini : cette expérience sur 20 ans révèle une limite que personne n’attendait © RSE Magazine

Une étude récente montre pour la première fois qu’il existe une limite biologique au clonage des mammifères, rapporte le média espagnol El Mundo. Des chercheurs japonais de l’Université de Yamanashi, dirigés par le professeur Teruhiko Wakayama, concluent que les mammifères ne peuvent pas être clonés indéfiniment sans courir le risque d’un « effondrement mutationnel ». Publiée dans la revue Nature Communications, cette découverte pose de sérieuses questions sur les bornes et la viabilité du clonage comme pratique scientifique.

Vingt ans de clonages, génération après génération

L’histoire moderne du clonage de mammifères démarre vraiment avec la naissance de la brebis Dolly en 1996, premier clone réussi. Un an plus tard, l’équipe qui signe cette étude a réussi à cloner une souris, pionnière de recherches prometteuses.

En 2005, les expériences qui ont mené à la présente étude ont été lancées : un processus de « clonages de clones » commencé alors et maintenu pendant des années. Pendant 20 ans, les chercheurs ont cloné des générations successives de souris, dans l’espoir d’utiliser la technique pour sauver des espèces en danger ou pour une production alimentaire à grande échelle, ce qui soulève des questions similaires à celles posées par l’ingénierie génétique.

Le bilan est impressionnant et inquiétant : plus de 30 000 tentatives de clonage, aboutissant à la naissance de 1 200 souris. Le taux de réussite dépassait les 15 % au départ, mais un « tournant critique » est apparu vers la 25e génération. À mesure que les générations avançaient, la survie des clones a chuté. Seuls 0,6 % des clones de la 57e génération ont survécu, et la 58e génération a vu la mort rapide de tous les nouveaux‑nés sans anomalies visibles.

Ce que disent les gènes et ce qu’on en retire

Les analyses génomiques réalisées sur certains clones montrent qu’ils accumulent trois fois plus de mutations que des souris issues de la reproduction sexuée. Parmi les différences observées, on relève des placentas agrandis et, dans certains cas, la perte d’un chromosome X. Ces éléments collent à l’idée du « cliquet de Muller », qui prévoit qu’une accumulation irréversible de mutations délétères dans des lignées clonales conduit à un effondrement mutationnel et éventuellement à l’extinction de la lignée.

Un point intéressant : même des clones fragiles, comme ceux de la 57e génération, ont pu se reproduire naturellement avec des mâles et donner naissance à une descendance en bonne santé, dotée de moins de mutations. Cela montre à quel point la reproduction sexuée est importante pour la survie des espèces, et met en lumière ses répercussions sur des enjeux évolutifs majeurs.

Les limites techniques et ce qui pourrait venir après

Face à ces résultats que Wakayama qualifie d’« extrêmement décevants », l’avenir du clonage pose question. Les chercheurs admettent qu’ils n’ont « aucune idée » de comment résoudre ces problèmes actuels et envisagent de mettre au point une méthode de clonage « améliorée ». Ils ont toutefois progressé sur certains points pratiques, en clonant des cellules issues de prélèvements non invasifs comme l’urine, et en travaillant sur la collecte à partir des excréments.

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