Durabilité : Miele attaque l’indice français jugé inefficace

Markus Miele, directeur exécutif du groupe, souligne que « un peu plus de 20 % seulement [de l’indice] concerne réellement la durabilité »

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Un nouvel indice de durabilité pour informer les consommateurs
Durabilité : Miele attaque l’indice français jugé inefficace © RSE Magazine

Entré en vigueur le 8 avril 2025, l’indice de durabilité applicable aux lave-linge en France marque une nouvelle étape dans les politiques publiques visant à renforcer l’information environnementale des consommateurs. Obligatoire, cette note sur 10 repose sur plusieurs critères destinés à évaluer la capacité d’un produit à durer dans le temps. Toutefois, son déploiement ne fait pas l’unanimité parmi les industriels.

Durabilité des appareils électroménagers : Miele conteste la méthode de calcul

Selon Les Echos, le fabricant allemand Miele a récemment déposé un recours devant le Conseil d’État afin d’obtenir l’abrogation des textes réglementaires encadrant cet indice (un décret et deux arrêtés du 5 avril 2024). L’entreprise conteste en particulier la méthodologie de calcul, estimant que celle-ci ne reflète pas de manière satisfaisante la durabilité réelle des appareils.

Dans les propos rapportés par le quotidien, Markus Miele, directeur exécutif du groupe, souligne que « un peu plus de 20 % seulement [de l’indice] concerne réellement la durabilité ». Il critique également des cycles de test jugés trop limités pour représenter l’usage réel des machines sur le long terme, comparant la situation au fait de « ne considérer que les 28 premiers kilomètres d’un marathon ». Le groupe met en avant la longévité revendiquée de ses produits — jusqu’à vingt ans — qui, selon lui, ne serait pas suffisamment valorisée dans le dispositif actuel.

Ce que propose Miele

Toujours d’après Les Echos, Miele plaide pour une approche plus large intégrant davantage de critères, tels que la consommation d’énergie ou le niveau sonore, au-delà de la seule réparabilité. L’entreprise appelle par ailleurs à une harmonisation à l’échelle européenne, estimant qu’une multiplication d’initiatives nationales pourrait nuire à la lisibilité du cadre réglementaire et à la comparabilité des produits.

Au-delà du cas de Miele, le débat autour de l’indice de durabilité illustre les tensions inhérentes à la construction d’indicateurs environnementaux. Entre nécessité de proposer des outils simples, compréhensibles et comparables pour les consommateurs, et volonté de refléter la complexité des impacts sur l’ensemble du cycle de vie des produits, les arbitrages sont nombreux.

Dans une perspective RSE, cet épisode met en évidence l’importance des choix méthodologiques dans la définition des standards de durabilité. Il souligne également le rôle des acteurs économiques dans la co-construction — ou la contestation — des cadres réglementaires, à un moment où les politiques publiques cherchent à accélérer la transition vers des modèles de production et de consommation plus responsables.

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