Dans le sud-est de l’Iran, le stratovolcan Taftan semble s’être réveillé, suscitant curiosité et inquiétude chez les scientifiques et les autorités locales concernant l’activité volcanique. Selon une étude publiée dans la revue Geophysical Research Letters, un soulèvement du sol d’environ 8,9 cm a été mesuré sur une période de 10 mois, ce qui peut indiquer une montée d’activité volcanique. Même si l’élévation reste modeste, elle révèle une augmentation de la pression près du sommet du Taftan, et remet sous les projecteurs ce géant endormi de la région du Makran.
Le Taftan et ses caractéristiques
Le Taftan se trouve à la frontière entre l’Iran et le Pakistan et culmine à 3 940 mètres. C’est un stratovolcan aux pentes raides, construit par des couches successives de lave et de cendres.
Il a deux pics principaux dont les fumerolles sommitales dégagent encore des gaz, signe que le système reste actif. Aucune éruption volcanique n’a été consignée dans l’histoire humaine, mais des émissions de fumée ont été observées en 1902, et une coulée de lave possible a été signalée en 1993. Selon Earth, la dernière éruption majeure remonterait à près de 700 000 ans.
Observation et suivi
Les chercheurs ont utilisé la méthode InSAR (une technique radar de télédétection qui compare des images satellite pour mesurer les déplacements du sol), en exploitant les satellites Sentinel-1 (satellites capables de fonctionner en bande C, donc efficaces même à travers les nuages). Le soulèvement détecté est centré près du sommet et ne montre pas de décroissance pour l’instant, ce qui signifie que la pression accumulée sous le volcan ne s’est pas relâchée.
L’absence d’instruments au sol, comme des récepteurs GPS, met en lumière le besoin d’un renforcement du suivi sur place, notamment par l’installation de sismomètres, d’unités GPS et par des mesures continues des gaz volcaniques.
Que disent les données et quels sont les risques
Les modèles pointent une source de pression située entre 490 et 630 mètres sous la surface. Ce niveau relativement peu profond est plus vraisemblablement lié à l’accumulation de gaz dans le système hydrothermal qu’à une intrusion magmatique directe.
À court terme, la principale menace pourrait être des explosions phréatiques et des émissions de gaz qui pourraient aussi irriter les populations locales. La ville de Khash, située à 50 km, pourrait ressentir ces nuisances si le vent tourne en leur faveur.








