Une étude publiée dans la revue Science le 13 septembre 2024 décrit un événement sismique inédit dans le fjord Dickson, au nord-est du Groenland. L’incident, provoqué par un énorme glissement de terrain, a généré un méga-tsunami d’une amplitude et d’une durée hors du commun. Le signal sismique enregistré partout dans le monde a persisté pendant 9 jours et a surpris la communauté scientifique par son ampleur et sa nature étonnamment monotone.
Un tsunami vraiment hors normes
Ce méga-tsunami a été lancé par l’effondrement massif d’un sommet de montagne dans le fjord Dickson, entraînant le déplacement d’environ 25 000 000 m³ de roche et de glace (un volume équivalant à remplir 10 000 piscines olympiques), rapporte Earth. L’énergie libérée a engendré des vagues atteignant jusqu’à 200 mètres de hauteur, et a endommagé une base de recherche sur l’île d’Ella, située à environ 70 km du site de l’événement, où des vagues de 4 mètres ont été observées.
L’oscillation interne du fjord, avec une période de 90 secondes, a produit un signal sismique singulier détecté des régions arctiques jusqu’aux régions antarctiques. Ce signal, souvent comparé à un bourdonnement monotone, se distingue par son caractère uniforme, très différent des signatures habituelles des tremblements de terre classiques.
Une mobilisation scientifique internationale
Pour étudier l’événement, une équipe internationale de 68 scientifiques issus de 40 institutions dans 15 pays s’est réunie, incluant des organismes comme l’Institut National de Géophysique et de Volcanologie (INGV) et l’Université de Catane en Italie. Grâce aux outils de communication modernes, la collaboration a été intense : plus de 8 000 messages échangés et un volume textuel dépassant 1 000 000 de caractères, soit l’équivalent d’un roman policier de 900 pages.
Les chercheurs ont utilisé une palette de données : mesures sismiques, infrasonores, relevés sur le terrain fournis par des réseaux de capteurs océanographiques locaux, et de nombreuses images satellites. Ces jeux de données, complétés par des simulations numériques, ont confirmé la correspondance exacte entre la période d’oscillation de l’eau (90 secondes) et le signal sismique observé.
Ce que ça dit sur la géophysique et le changement climatique
D’après les scientifiques, il s’agit du premier glissement de terrain et tsunami signalés dans l’est du Groenland liés à l’fonte des glaces, conséquence directe du changement climatique. Les calottes glaciaires, souvent perçues comme stables, montrent ici une vulnérabilité qui demande une attention soutenue sur ces dynamiques glaciaires.
L’étude recommande d’installer des systèmes de surveillance sismique à l’échelle mondiale, car une masse d’eau en mouvement de cette importance peut provoquer des vibrations capables de traverser la croûte terrestre. La capacité à mobiliser rapidement des équipes internationales compétentes met aussi en lumière l’efficacité et la valeur des collaborations scientifiques modernes.








