Une découverte surprenante se cache sous l’archipel de Mayotte, dans l’océan Indien : les chercheurs ont identifié un réservoir magmatique en mouvement à 23 km de profondeur. Ce réservoir contient au moins 42 % de magma liquide, ce qui a attiré l’attention de la communauté scientifique internationale. L’annonce, publiée le 14 novembre dans la revue Nature, provient d’une étude menée par un consortium de chercheurs, avec la participation du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), de l’Université d’Orléans et de l’Université de Bretagne Occidentale.
Un énorme réservoir magmatique
En 2018, Mayotte a traversé une période agitée : plus de 1 800 séismes et l’apparition du volcan sous-marin Fani Maoré. Ce volcan se situe à 50 km à l’est de Mayotte et repose à 3 500 m sous la surface de l’eau. La formation de Fani Maoré coïncide avec la mise au jour du réservoir magmatique, confirmée par des analyses électromagnétiques.
Sur deux ans d’études, les équipes ont mis en évidence un volume imposant de 200 km³ de roche conductrice à 23 km de profondeur. En combinant imagerie électromagnétique et tests en laboratoire, les chercheurs ont établi que le réservoir contient au moins 42 % de magma liquide. Ces résultats valident l’existence du réservoir et soulignent son rôle possible dans l’éruption sous-marine passée.
Méthodes nouvelles et ce que ça change pour la science
Les analyses électromagnétiques ont permis de sonder la croûte terrestre pour modéliser la matière fondue en profondeur, illustrant une activité magmatique persistante. Ce processus, qualifié d’inédit par les chercheurs, a aidé à mieux comprendre les grands volumes de magma souterrain. Les données sont appuyées par des tests de conductivité sur des échantillons de roches magmatiques récentes, simulant les conditions à 20 km sous terre.
Les conclusions de ces tests montrent qu’un maximum de 42 % du réservoir est liquide, une caractéristique importante pour les équipes scientifiques. Les chercheurs soulèvent aussi la possibilité que ce réservoir ait alimenté le volcan sous-marin Fani Maoré, même si cela reste à confirmer.








