Il y a plus d’un milliard d’années, la Terre a vécu un événement géologique majeur : la fragmentation du supercontinent Nuna, aussi appelé Columbia. Ce n’était pas juste un simple déplacement de plaques ; cette rupture a joué un rôle déterminant dans la transformation des milieux terrestres et marins, préparant le terrain pour l’émergence et la diversification de la vie. Des découvertes récentes relient aussi cet épisode à l’origine des célèbres diamants roses d’Argyle, apportant un nouvel éclairage sur l’évolution géologique de la planète et les mouvements tectoniques.
Un chamboulement géologique qui a tout changé
Nuna s’est scindé il y a environ 1 milliard d’années. Ce processus a créé de nouvelles mers peu profondes et d’immenses plateaux continentaux. Moins de zones de subduction a signifié moins de volcanisme, avec une baisse des émissions de CO2 et un refroidissement du climat planétaire. Le résultat ? Des milieux marins plus stables, riches en nutriments et en oxygène, qui ont servi de véritables incubateurs écologiques favorisant la diversification rapide des eucaryotes complexes, un moteur important dans l’essor de la vie sur Terre.
Selon Geo, le chercheur Juraj Farkaš explique : « Nous pensons que ces vastes plateaux continentaux et les mers superficielles ont agi comme de véritables incubateurs écologiques. »
Les travaux de l’Université de Sydney, dirigés par Dietmar Müller et Juraj Farkaš, publiés dans Earth and Planetary Science Letters, montrent l’importance de la fragmentation de Nuna dans la transition de la Terre vers des écosystèmes plus complexes. Cette période, souvent appelée « les ennuyeux milliards d’années », se révèle désormais déterminante pour comprendre l’évolution géologique et biologique de notre planète. Müller indique dans un communiqué que cet intervalle représentait une période de stabilité géochimique, climatique et biologique.
D’où viennent les diamants roses ?
En parallèle, des recherches du Dr. Hugo Olierook de l’Université Curtin ont réexaminé l’origine des diamants roses de la mine d’Argyle, dans la région du Kimberley (Australie-Occidentale). Réputée comme la plus grande source de diamants naturels au monde, la mine a été étudiée à partir d’échantillons fournis par Rio Tinto. Les analyses, publiées dans Nature Communications, suggèrent que les diamants roses d’Argyle se sont formés à la suite de la rupture de Nuna.
En combinant simulations et modélisations modernes avec des techniques laser ciblant des zones précises des échantillons, les chercheurs ont daté la formation des diamants à 1,3 milliard d’années, soit près de 100 millions d’années plus tôt que les estimations des années 1980. Ces résultats apportent une chronologie plus précise de l’époque à laquelle ces gemmes se sont formées. Le Dr. Hugo Olierook souligne que Argyle se situe à l’endroit où la région du Kimberley et le reste du nord de l’Australie se sont rencontrés auparavant.








