Le 21 janvier 2026, le secteur oléicole portugais a franchi une étape majeure avec l’attribution du premier label officiel de durabilité pour l’huile d’olive produite au Portugal. Ce label, issu du Programme de Sustentabilidade do Azeite (PSA), vise à certifier des pratiques agricoles responsables sur l’ensemble de la chaîne de production. Dans un contexte de pression climatique accrue et de forte concurrence internationale, cette initiative ambitionne de repositionner l’huile d’olive portugaise comme un produit à haute valeur environnementale et sociale.
Un label de durabilité pour structurer la filière de l’huile d’olive
L’obtention d’un label de durabilité dans la filière de l’huile d’olive portugaise marque une rupture avec une approche longtemps centrée sur les volumes et les rendements. Désormais, la reconnaissance passe par des critères mesurables, audités et vérifiables, intégrant l’impact environnemental, la responsabilité sociale et la viabilité économique. Le Programme de Sustentabilidade do Azeite, coordonné par OLIVUM en partenariat avec l’Université d’Évora, a été lancé en 2022 dans la région de l’Alentejo avant de s’étendre à l’ensemble du territoire national en 2024, selon le média spécialisé Vida Rural.
Ce label repose sur un référentiel exigeant de 98 critères répartis en 26 chapitres, couvrant notamment la gestion de l’eau, la biodiversité, les conditions de travail, la gouvernance des exploitations et la performance économique. Les audits de certification ont débuté en 2025, avec pour objectif affiché de distinguer les producteurs engagés dans une amélioration continue.
Dans un pays où l’huile d’olive constitue un produit d’exportation stratégique, ce label apparaît comme un outil de différenciation sur des marchés internationaux de plus en plus sensibles aux enjeux RSE. OLIVUM affirme que la certification vise à renforcer la crédibilité du secteur portugais face aux standards européens et internationaux, explique Agroportal.
Casa Relvas, premier producteur certifié, symbole d’un changement de modèle
Le premier producteur à recevoir ce label de durabilité est Casa Relvas, une exploitation située dans la région de Alentejo. Ce domaine agricole gère 543 hectares d’oliveraies. L’attribution du label ne résulte pas d’un projet récent, mais d’un engagement de long terme dans des pratiques agricoles responsables. Selon António Relvas, directeur général de l’entreprise, « cette certification vient reconnaître un travail continu, mené depuis plusieurs années, pour concilier production, respect de l’environnement et responsabilité sociale », a-t-il déclaré dans une interview reprise par Voz do Campo.
Parmi les pratiques évaluées figurent l’utilisation des noyaux d’olive comme source d’énergie, la mise en place d’une unité de compostage interne, l’installation de panneaux solaires et la plantation de couvert végétal entre les rangs d’oliviers pour favoriser la biodiversité. De plus, 15 % des bénéfices annuels sont réinvestis dans des actions sociales et communautaires.
Cette certification impose aussi une gestion rigoureuse de l’eau, enjeu critique dans le sud du Portugal. Casa Relvas a ainsi mis en place des systèmes d’irrigation optimisée afin de réduire la consommation hydrique par hectare, un point particulièrement scruté dans le référentiel PSA, selon CM Jornal.
Au-delà de la reconnaissance symbolique, le label de durabilité de l’huile d’olive portugaise s’inscrit dans une stratégie économique assumée. Les promoteurs du PSA estiment que les marchés internationaux sont prêts à valoriser financièrement des produits certifiés, à condition que les critères soient clairs et contrôlés. Gonçalo Moreira, gestionnaire du programme PSA, affirme que « certains marchés acceptent de payer davantage pour un produit dont la durabilité est prouvée ».








