Cette découverte sous l’Arctique affole les chercheurs : une immense réserve de méthane cachée

Une découverte étonnante dans l’Arctique révèle des monticules d’hydrates défiant notre compréhension.

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Cette découverte sous l’Arctique affole les chercheurs : une immense réserve de méthane cachée
Cette découverte sous l’Arctique affole les chercheurs : une immense réserve de méthane cachée © RSE Magazine

Au printemps 2024, une équipe de scientifiques a fait une trouvaille saisissante dans les profondeurs glacées de l’océan Arctique, près du Groenland. Sur la dorsale de Molloy, ils ont mis en évidence les « monticules de Freya », des structures sous-marines étonnantes qui éclairent d’un nouveau jour les écosystèmes profonds arctiques et le cycle du carbone. Les résultats, publiés dans Nature Communications le 17 décembre 2025, ont lancé de vifs débats sur la dynamique du méthane et des hydrates de gaz dans cette région fragile.

Une découverte hors norme

Les Monticules d’Hydrates Freya, comme les ont appelés les chercheurs, se trouvent à une profondeur de 3 640 mètres. À cette profondeur, des panaches de méthane montent sur plus de 3 300 mètres dans la colonne d’eau, établissant un record mondial. D’après Gizmodo, ce sont des « phénomènes jamais vus à cette échelle », bien au-delà des sources connues situées à moins de 2 000 mètres. La géoscientifique Giuliana Panieri, cheffe de l’expédition, souligne que cette région « défie notre compréhension précédente de la formation des hydrates ».

La vie mouvementée des monticules

Ces monticules d’hydrate ne sont pas des structures fixes : leur relief change en permanence. Ils se forment lentement ou se modifient par des fissures et des effondrements qui libèrent du méthane et des fluides riches en hydrocarbures. Parfois, des bulles de méthane sont provisoirement protégées par une fine pellicule de glace ou de pétrole brut, ce qui intrigue les scientifiques et remet en question les modèles traditionnels de stabilité des systèmes d’hydrates de gaz.

Le méthane observé est qualifié de thermogénique : il provient des profondeurs géologiques du Miocène. Durant cette période (il y a environ 5 à 23 millions d’années), la dégradation de matière organique sous fortes pressions et températures a conduit à sa formation.

Un écosystème pas comme les autres

Sous la banquise arctique, dans l’obscurité et le froid, un écosystème fondé sur la chimiosynthèse s’est développé. Les chercheurs ont repéré des « forêts » de vers tubicoles siboglinidés, des amphipodes, des escargots marins et plusieurs espèces de crustacés. Giuliana Panieri indique que ces monticules « réécrivent les règles du jeu pour les écosystèmes profonds de l’Arctique ».

L’interconnexion biologique entre cette faune et les évents hydrothermaux voisins montre une connectivité insoupçonnée dans les grandes profondeurs. Ces communautés ne dépendent pas de la lumière du soleil, mais des composés chimiques libérés par le méthane, fournis via des bactéries symbiotiques dans les écosystèmes marins.

Ce que ça pose comme questions pour le climat et la science

Le méthane est un gaz à effet de serre puissant, donc son comportement dans l’eau intéresse beaucoup les climatologues. La majorité du méthane se dissout avant d’atteindre la surface, mais l’existence de ces émissions spectaculaires témoigne d’une activité intense et soulève des questions sur la stabilité des systèmes d’hydrates de gaz. Cela a une grande importance pour les modèles du cycle du carbone dans l’océan profond et ouvre de nouvelles perspectives sur les interactions entre géologie, biodiversité et climat.

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