Dans une annonce qui a surpris beaucoup d’observateurs, l’administration américaine, menée par le président Donald Trump, a signé un décret ordonnant le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, relaye Le Monde. La Maison Blanche a publié l’information via un message sur le réseau social X. Cette décision arrive alors que la coopération internationale est souvent présentée comme nécessaire pour faire face à des défis mondiaux comme le changement climatique et la santé publique. Elle s’inscrit dans la continuité d’un désengagement progressif de Washington sur la scène internationale, notamment en matière de lutte contre le changement climatique.
Qui est visé par ce retrait
Le décret concerne un large éventail d’organisations : 31 d’entre elles sont étroitement liées aux Nations unies, et 35 autres sont des entités que les États-Unis vont cesser de financer ou auxquelles ils ne participeront plus. Par le passé, Donald Trump avait déjà retiré les États-Unis de l’accord de Paris, décision qui avait été rapidement annulée par son successeur Joe Biden.
Parmi les organismes cités figurent la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le Comité d’experts scientifiques de l’ONU sur le climat (GIEC), ainsi que des institutions comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Union pour la conservation de la nature.
Le retrait touche aussi des instances d’aide humanitaire et de développement économique, comme le Bureau de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) et l’Agence de l’ONU pour le commerce et le développement (Cnuced). La dirigeante de la Cnuced, Rebeca Grynspan, est notamment mentionnée alors qu’elle est candidate pour succéder à Antonio Guterres au poste de secrétaire général des Nations unies.
Ce que dit l’administration et ce que disent ses détracteurs
Selon un communiqué du Département d’État, l’administration justifie cette action en qualifiant ces institutions de « redondantes, mal gérées, inutiles, coûteuses et inefficaces ». Le Secrétaire d’État Marco Rubio a également accusé les organisations concernées de promouvoir une « idéologie progressiste ».
Plusieurs voix se sont élevées contre ce retrait, soulignant la dérégulation des émissions qui pourrait en résulter. Daniel Forti, analyste des Nations unies, décrypte cette approche comme une vision de « c’est ma façon de faire ou rien ». Rachel Cleetus, de l’Union of Concerned Scientists, estime que la décision illustre la détermination de l’administration à sacrifier le bien‑être général au détriment des avancées scientifiques.
D’autres critiques, comme Rob Jackson, président du Global Carbon Project, soulignent les conséquences potentiellement dévastatrices pour les efforts mondiaux de réduction des gaz à effet de serre, sachant que la CCNUCC date de 1992, année du sommet de la Terre à Rio. Jean Su, avocate pour le Centre de la diversité biologique, va plus loin et considère cette sortie comme illégale, en pointant l’absence du vote des deux tiers du Sénat jugé nécessaire avant une telle décision.
Quelles conséquences pour la scène internationale
Le retrait des États-Unis de ces 66 entités risque de ralentir les progrès en matière de climat, de droits de l’homme et de santé, en raison de possibles réductions d’effectifs et de programmes au sein des institutions concernées. Les avertissements de Rob Jackson reflètent la crainte que d’autres pays prennent cette mesure comme prétexte pour retarder leurs propres engagements environnementaux.








