À la fin du mois, la France va perdre un morceau de son territoire : l’île qui disparaît

En janvier 2026, la France perdra temporairement l’île des Faisans, un petit îlot au cœur d’une histoire diplomatique fascinante.

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À la fin du mois, la France va perdre un morceau de son territoire : l’île qui disparaît © RSE Magazine

À la fin de janvier 2026, la France perdra temporairement une île sur son territoire, une situation un peu surprenante liée au statut particulier de l’île des Faisans. Ce petit îlot, géré en condominium franco-espagnol, changera de main, et le nombre d’îles sous administration française diminuera provisoirement. L’île basque reste cependant au centre d’une longue histoire diplomatique.

L’île des Faisans, une page d’histoire

L’île des Faisans, aussi appelée île de la Conférence, se situe sur le fleuve Bidassoa près d’Hendaye (la Bidassoa marque la frontière entre la France et l’Espagne). Avec une superficie de 6 820 m², elle est inhabitée et interdite au public, même si des visites exceptionnelles sont possibles lors des Journées du Patrimoine. La végétation y domine, on y trouve un monument commémoratif, mais il n’y a ni quai ni service de sécurité permanent, ce qui rend l’accès dangereux à cause des forts courants du fleuve.

Administrée à tour de rôle par la France et l’Espagne, l’île est un rare exemple de condominium — la plus petite de ce type au monde. La France administre l’île du 1er août au 31 janvier, tandis que l’Espagne prend le relais du 1er février au 31 juillet, ce qui veut dire que la France ne sera plus administratrice dès fin janvier 2026, explique L’Internaute.

Un lieu chargé d’histoire diplomatique

L’île des Faisans a été le théâtre de plusieurs épisodes historiques. En 1526, elle a accueilli l’échange entre François Ier, captif de Charles Quint après la bataille de Pavie, et ses fils. Plus tard, elle a servi pour des mariages arrangés entre la France et l’Espagne, notamment le mariage de Louis XIII avec l’infante Anne d’Autriche. En 1659, le traité des Pyrénées, qui a mis fin à la guerre franco-espagnole, a été négocié sur cette île, puis le traité de Bayonne en 1856 a formalisé la souveraineté successive actuelle.

La France et les revendications dans le Pacifique

Parallèlement, la France fait face à une autre question de souveraineté dans l’océan Pacifique. Les îlots volcaniques de Hunter et Matthew, situés à l’est de la Nouvelle-Calédonie, sont revendiqués par le Vanuatu. Désertes et inhabitées, elles ont été annexées par la France en 1929, la souveraineté ayant été officialisée en 1975 après un différend avec le Royaume-Uni. Ces îles offrent à la France une ZEE de 350 000 km² (ZEE = zone économique exclusive), un avantage économique important.

Le Vanuatu fonde sa revendication sur des liens historiques et culturels. Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) soutient cette revendication en invoquant des droits coutumiers. Des négociations se sont poursuivies jusqu’au 21 novembre, sans progrès notable, laissant la question de la souveraineté ouverte. La France n’a jamais accordé de cession ni de rétrocession de ces territoires, et une nouvelle phase de pourparlers est prévue ce début d’année.

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