Dans la ville la plus froide du monde, ils dorment sur des lits chauffés (et ça change tout)

À Harbin, la ville la plus froide du monde, des solutions de chauffage ancestrales comme le kang révèlent une approche innovante du confort thermique.

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Dans la ville la plus froide du monde, ils dorment sur des lits chauffés (et ça change tout)
Dans la ville la plus froide du monde, ils dorment sur des lits chauffés (et ça change tout) © RSE Magazine

Et si le confort thermique ne consistait pas à chauffer plus, mais à chauffer mieux ? À Harbin, la ville la plus froide du monde, dans le nord-est de la Chine, cette idée prend tout son sens. Les températures hivernales y descendent régulièrement jusqu’à -30 °C, et cette ville d’environ 6 000 000 d’habitants a longtemps misé sur des solutions traditionnelles ciblées plutôt que sur un chauffage central généralisé. Exemple emblématique : le « kang », un lit chauffé vieux de 2 000 ans, connu pour sa sobriété énergétique et sa durabilité.

Le kang et d’autres façons de chauffer en Asie de l’Est

Le kang est une plate-forme chaude faite de briques de terre compacte, reliée au poêle familial par des conduits qui dispersent la chaleur, explique Ouest France. L’air chaud circule sous la masse de la terre et réchauffe la surface pour la nuit entière. Pour un enfant qui y dort ou s’y repose, le kang est une « surface chaude et rayonnante ». Son usage demande toutefois un entretien régulier au sein de la famille, comme l’empilage des couches de charbon pour entretenir le feu.

D’autres pays d’Asie de l’Est ont leurs propres solutions. En Corée, l’ondol fait circuler de l’air chaud sous les sols, transformant toute la surface en plancher chauffant. Au Japon, le « kotatsu » est une table basse couverte d’une lourde couverture avec un dispositif chauffant en dessous pour garder les jambes au chaud. Ces systèmes montrent la diversité des approches traditionnelles qui chauffent d’abord les personnes plutôt que tout l’espace.

Le chauffage moderne : avantages et limites

Au XXe siècle, le chauffage central moderne s’est largement développé en Europe pour chauffer de façon uniforme des bâtiments entiers. Ce modèle est performant sur le plan thermique mais gourmand en énergie, surtout dans des logements mal isolés, comme c’est souvent le cas en France. Les pompes à chaleur et les alternatives durables apparaissent comme des solutions contemporaines, mais elles demandent une bonne isolation pour donner le meilleur d’elles-mêmes.

À travers l’Europe, « des dizaines de millions d’Européens ne parviennent pas à chauffer correctement leur logement » à cause du coût élevé de l’énergie. L’expertise familiale et la confiance dans des systèmes traditionnels, comme le kang d’Harbin, rappellent que chauffer de manière ciblée et efficiente a toujours été une préoccupation.

Ce que le passé et d’autres traditions nous montrent

Les systèmes traditionnels d’Asie de l’Est et les pratiques historiques en Europe — comme les hypocaustes romains ou les tapisseries médiévales — montrent que le confort thermique relève souvent de techniques anciennes plutôt que d’une simple intensité énergétique. En regardant ces méthodes, qui privilégient l’isolation et le chauffage ciblé, on peut trouver des idées pour réduire notre dépendance aux combustibles fossiles et mieux gérer notre consommation d’énergie.

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