Une machine sud-coréenne détruit le plastique quasi instantanément… et ça change tout

Une innovation sud‑coréenne révolutionne le recyclage : une torche à plasma capable de pulvériser le plastique en 0,01 seconde, sans toxines.

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Une machine sud-coréenne détruit le plastique quasi instantanément… et ça change tout
Une machine sud-coréenne détruit le plastique quasi instantanément… et ça change tout © RSE Magazine

La gestion des déchets plastiques pose un vrai problème à l’échelle mondiale. Les méthodes classiques, comme l’incinération ou le recyclage mécanique, montrent leurs limites — elles produisent parfois des gaz toxiques et ne permettent pas toujours de réutiliser la matière efficacement. Face à ce qui est qualifié de « désastre plastique », une nouvelle avancée pourrait changer la donne : la torche à plasma développée par le Korea Institute of Machinery & Materials (KIMM) en Corée du Sud. Ce procédé promet de décomposer les plastiques en seulement 0,01 seconde, sans émissions toxiques, et ouvre la voie à un cycle de vie plus durable pour ces matériaux.

Une torche à plasma qui change la donne

La torche à plasma du KIMM utilise un gaz ionisé porté à des températures extrêmes pour démanteler les polymères des déchets plastiques. Présentée comme « la toute première méthode innovante capable de recycler chimiquement des déchets plastiques mélangés en matières premières, de manière hautement sélective, sans nécessiter de tri strict ni de retrait des étiquettes », cette méthode pourrait bouleverser l’industrie du recyclage, rapporte Le Journal du Geek.

Les produits récupérés, comme le benzène et l’éthylène, sont des molécules réutilisables pour fabriquer de nouveaux plastiques. Avec un rendement notable — plus de 70 % de conversion directement en matières utiles — l’innovation laisse entrevoir des solutions à la fois plus écologiques et plus économiques.

Alimentée par de l’hydrogène, la technologie vise la neutralité carbone par rapport aux méthodes actuelles. Elle se présente comme un concurrent sérieux à l’incinération traditionnelle et à la pyrolyse (pyrolyse : décomposition thermique en l’absence d’oxygène), qui sont connues pour leur forte consommation d’énergie et leurs résidus polluants, contribuant ainsi à la réduction de la pollution marine.

Ce qui reste à faire

Malgré son potentiel, il reste beaucoup à prouver à grande échelle. L’industrialisation du procédé n’est pas encore faite, et une adoption mondiale reste incertaine. Le KIMM, en collaboration avec des instituts comme KRICT, KITECH, KIST et plusieurs universités, prévoit d’installer une première ligne de démonstration pour 2026. Ces essais viseront à valider l’efficacité du procédé et à répondre aux scepticismes entourant ce type d’innovation ambitieuse.

Les aspects économiques posent aussi question. Aujourd’hui, le recyclage chimique représente moins de 1 % de la filière, freiné par des coûts élevés et des procédés énergivores. Le KIMM affirme toutefois un avantage économique avec sa technologie, notamment parce qu’elle ne nécessite pas de tri préalable des déchets, contrairement à d’autres méthodes comme la dégradation polyéthylène par des chenilles.

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