La pollution aux Pfas, ces polluants industriels souvent présentés comme « éternels », inquiète de plus en plus en Haute‑Savoie, surtout dans la région de l’Albanais haut‑savoyard. Ce problème, qui a pris de l’ampleur depuis 2022, a récemment fait l’objet d’un suivi renforcé par les services de l’État. Ce qui pose problème, ce sont les répercussions possibles sur l’environnement et la santé publique, ce qui concerne directement les habitants de la zone.
Ce qui s’est passé et où
Depuis le début de l’année 2022, les autorités locales de Haute‑Savoie sont en alerte au sujet de la contamination de la nappe souterraine par les Pfas. Une réunion clé s’est tenue le lundi 8 décembre, sous l’égide de la préfète, pour réévaluer la situation. Les analyses réalisées en octobre ont servi de base aux nouvelles recommandations destinées à limiter l’exposition significative des habitants à ces composés chimiques.
Le secteur particulièrement touché est celui de Rumilly. Les communes de Rumilly, Lornay, Moye, Bloye, Massingy, Boussy et Marigny-Saint-Marcel ont été identifiées en raison de l’interdiction de consommation des œufs locaux. Cette interdiction fait suite à la présence avérée des polluants dans certaines zones, notamment aux abords des anciennes décharges de Broise et des Granges, où la contamination s’étend aussi vers le sud de Rumilly.
Les mesures et recommandations
En réponse à ces résultats, la préfecture de Haute‑Savoie a émis plusieurs recommandations. France Bleu relaye qu’il est ainsi « conseillé de ne pas consommer les œufs issus des poulaillers des particuliers » dans les communes citées ci‑dessus. Ces recommandations ne visent cependant pas l’atelier de poules pondeuses unique de la zone, dont les œufs ont été jugés « conformes » aux normes sanitaires.
Les fruits et légumes cultivés dans les potagers de particuliers, sur des zones plus restreintes, présentent aussi un risque de contamination alimentaire. Les services de l’État indiquent que « la consommation de ces produits est contre‑indiquée ». Pour les exploitations agricoles locales, les prélèvements récents de lait et de viande ont, eux, été déclarés « dans la norme », et ne nécessitent pas d’interdiction.
La question de l’eau des puits privés est également sensible. Une recommandation initialement formulée en février 2025 a été renforcée par la préfète, qui a ajouté la commune de Bloye aux zones concernées.
Ce que disent les études
Les conclusions sur l’état de la contamination reposent en grande partie sur les travaux du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Après une étude détaillée de la région, le BRGM a confirmé la pollution de la nappe souterraine et a mis en évidence une extension vers le sud de Rumilly. Ces résultats montrent qu’il faut continuer à surveiller et à gérer la situation pour limiter les conséquences sanitaires et environnementales.








