Yes we can ? Cette phrase colle bien au sujet de la pollution plastique. Une nouvelle étude, relayée par The Guardian, avance des solutions pour réduire drastiquement ce fléau en quinze ans. Les conclusions, signées par Pew Charitable Trusts (fondation américaine) en partenariat avec des institutions comme l’Imperial College de Londres et l’Université d’Oxford, montrent que la réutilisation, la consigne et de nouvelles régulations pourraient supprimer 97 % de la pollution.
Des chiffres qui font peur
Aujourd’hui, le monde est envahi par 66 millions de tonnes de plastique chaque année. Sans aucune action, ce chiffre pourrait grimper à 280 millions de tonnes par an d’ici 2040, soit l’équivalent d’un camion‑poubelle par seconde. La production mondiale de plastique devrait augmenter de 52 %, atteignant 680 millions de tonnes d’ici 2040 — un volume qui serait le double de ce que nos systèmes de gestion des déchets peuvent absorber. Ces chiffres montrent l’urgence d’intervenir, surtout que le secteur de l’emballage représente 33 % de cette pollution. Le problème n’est pas que quantitatif. Le pollution plastique contient des milliers de composants chimiques dangereux qui multiplient les risques pour la santé et l’environnement. De nombreuses études scientifiques relient ces substances à des troubles hormonaux, des problèmes de fertilité, certains cancers, et même des perturbations cognitives et du développement.
Effets sur l’environnement et le climat
La hausse de la pollution touche les sols, l’eau et l’air, exposant la faune à des produits chimiques toxiques. Les animaux ingèrent du plastique ou s’y enchevêtrent, ce qui provoque maladies, blessures, voire la mort. Si rien n’est fait, les émissions liées au plastique devraient augmenter de 58 % d’ici 2040, pour atteindre l’équivalent de 4,2 gigatonnes de CO2. Pour mettre les choses en perspective, la production de plastique deviendrait alors le troisième plus grand émetteur mondial de gaz à effet de serre, juste derrière la Chine et les États‑Unis.
Des solutions simples qui marchent
Face à tout ça, les auteurs de l’étude — dont Winnie Lau, directrice de projet aux Pew Charitable Trusts — identifient deux mesures clés. La réutilisation et un système de consigne permettraient d’éliminer deux sources importantes de pollution. Il faut aussi remplacer les emballages plastiques, quand c’est possible, par du carton, du verre ou du métal, et interdire certains polymères nocifs. Si ces mesures sont appliquées, elles pourraient réduire les émissions du secteur plastique de 83 % et diminuer les effets sur la santé de 54 %, grâce à des stratégies de réduction. De plus, les États pourraient économiser 19 milliards d’euros sur la gestion des déchets plastiques.








