Le chantier de l’autoroute A69 Toulouse-Castres suscite de vives interrogations après la découverte de l’utilisation de parcelles non déclarées dans le dossier d’autorisation environnementale (AE). Cet axe routier, long de 53 kilomètres, se retrouve au centre d’une tempête médiatique et judiciaire. La situation met en lumière des problématiques environnementales et juridiques complexes autour du chantier mené par le concessionnaire Atosca. Face aux récentes révélations, les opposants regroupés au sein du collectif « La Voie est libre » (LVEL) demandent la suspension immédiate des travaux et ont déposé une plainte pénale.
Parcelles non déclarées : ce qui a été trouvé
Les révélations viennent de vérifications journalistiques menées par France Inter et l’Agence de vérification de Radio France, soulignant que le chantier fait partie des projets sous surveillance. Les images satellites ont confirmé que près de 40 hectares de surfaces utilisées pour le chantier ne figurent pas dans la documentation officielle d’AE. Selon le collectif LVEL, 17 points litigieux ont été identifiés : 75 % des zones concernent un dépassement du périmètre initial du chantier, et 25 % correspondent à des zones qui devaient servir à des mesures de compensation environnementale mais qui ont été artificialisées.
Le porte-parole du collectif, Geoffrey Tarroux, dénonce : « Tout le long des 53 km, il y a des surfaces agricoles, des surfaces qui ont été classées par le concessionnaire en zone humide, avec des enjeux particuliers, qui ont été défrichées. », rapporte France Bleu. Il souligne ainsi les actions et les conséquences de ces travaux sur l’environnement local.
Comment on réagit et ce qui pourrait suivre
Face à ces constats, le collectif LVEL, par l’intermédiaire de son avocat Me Alice Terrasse, demande que la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, saisisse un audit indépendant. Le collectif attend aussi l’intervention de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD) pour mener une mission d’inspection. De son côté, Atosca assure que les ajustements réalisés sur le terrain sont « ponctuels » et fréquents dans ce type de projets.
La situation juridique reste tendue. Le tribunal administratif de Toulouse avait ordonné en février l’annulation de l’autorisation environnementale, au motif de l’absence d’une « raison impérative d’intérêt public majeur » (RIIPM). En mai, la cour administrative d’appel de Toulouse a néanmoins autorisé une reprise provisoire des travaux, en attendant sa prochaine décision fixée au 11 décembre.
La préfecture du Tarn relativise les constats, précisant qu’il n’est pas possible de conclure à une faute à ce stade, certains sites de compensation nécessitant des « aménagements temporaires ».








