À l’approche de Noël, la mobilisation contre les violences faites aux femmes gagne un nouvel élan : l’enseigne PAUL, en coopération avec les Cadets du Nord de la Gendarmerie nationale, diffuse massivement des ressources d’aide pour les victimes. Cette campagne, pensée pour toucher tous les foyers, y compris ceux des militaires souvent confrontés au silence et à l’isolement, s’appuie sur une visibilité inédite dans les boulangeries du réseau.
Violences faites aux femmes : une campagne de Noël pensée pour atteindre chaque foyer, y compris les familles de militaires
Le 25 novembre, date de la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, marque un moment fort dans le calendrier, bien loin de l’imaginaire chaleureux de Noël. Pourtant, l’enseigne PAUL a choisi cette période sensible pour amplifier une action de prévention déterminante. L’entreprise diffuse les contacts du 3919 et de l’application « Ma Sécurité » sur 800.000 emballages. Ce volume, considérable dans une campagne de sensibilisation grand public, vise à toucher des millions de personnes lors d’un geste quotidien : acheter du pain ou un café. Par ailleurs, le même message est relayé dans les magasins, ce qui renforce la répétition nécessaire pour fixer l’information dans les routines des familles.
Cette stratégie concerne aussi les familles de militaires et de gendarmes, souvent installées dans des zones où l’accès aux services publics peut être limité — une réalité particulièrement visible dans certaines zones périurbaines où la maison avec jardin domine. Le choix d’une diffusion dans des commerces accessibles, sans contrainte ni interdiction, permet d’atteindre ces populations sans stigmatisation. Cette campagne a été inspirée par les Cadets du Nord de la Gendarmerie nationale, qui ont proposé l’idée afin que les ressources d’aide ne restent pas confinées aux seuls cercles institutionnels. La dynamique se veut inclusive : chaque famille, civile ou militaire, doit pouvoir disposer des bons contacts au bon moment.
Les violences familiales, un fléau en France
Cette campagne de prévention prend tout son sens lorsque l’on regarde les statistiques du ministère de l’Intérieur : 82.372 victimes de violences conjugales ont été comptabilisées rien qu’en 2024. Ce volume, moyen mais constant, rappelle que ce phénomène ne connaît ni pause, ni trêve hivernale, ni suspension pendant les fêtes de Noël. Il traverse tous les milieux sociaux, incluant les familles de militaires qui peuvent, comme d’autres, être confrontées à l’isolement, aux horaires irréguliers et aux contraintes professionnelles fortes.
De plus, depuis 2018, la Gendarmerie nationale a mis en place une plateforme d’aide aux victimes accessible de manière anonyme par chat, permettant de signaler des violences conjugales, sexuelles, sexistes ou du cyberharcèlement. Ce dispositif, rappelé dans la communication de PAUL, s’adresse également aux conjoints et enfants de militaires qui hésitent parfois à solliciter les brigades locales par crainte de croiser des collègues de leur partenaire. Les conventions conclues entre la Gendarmerie, des associations spécialisées et des structures hospitalières permettent désormais de déposer plainte dans des environnements sécurisés et discrets. L’existence des Maisons de protection des familles, présentes dans chaque département, complète cet accompagnement par une prise en charge structurée et adaptée.
Dans ce cadre, la diffusion par PAUL d’informations fiables, dépourvues de toute forme d’interdiction ou de contrainte, répond à un besoin clair : offrir aux familles la possibilité d’accéder à des ressources essentielles en dehors des enceintes militaires. En période de fêtes et de rassemblements familiaux, alors que la pression sociale se mêle aux tensions domestiques, cette visibilité devient particulièrement essentielle. Que l’on vive dans un appartement ou une maison avec jardin, que l’on fasse ses courses dans un centre-ville festif ou dans une zone périphérique plus calme, la campagne rappelle qu’un numéro comme le 3919 peut changer un destin.
Une mobilisation nationale qui dépasse les frontières des casernes
Par cette initiative, l’entreprise rappelle implicitement que l’institution militaire, comme toute autre composante de la société, se trouve concernée par les enjeux de violences faites aux femmes. Les familles de gendarmes ou de militaires vivant sur des bases, dans des logements de fonction ou dans des quartiers périphériques bénéficient de cette campagne exactement comme tout autre foyer, sans distinction, sans hiérarchie et sans interdiction culturelle ou institutionnelle.
L’utilisation de 800.000 supports imprimés, combinée à une diffusion numérique sur les écrans en magasin et sur les réseaux sociaux, élargit significativement l’audience de la prévention. La période de Noël ajoute un autre effet : dans un moment où les familles circulent davantage, décorent leur intérieur, reçoivent ou se déplacent, les emballages de PAUL deviennent des objets visibles, transportés, manipulés dans les espaces privés. L’information quitte ainsi l’espace public pour entrer dans l’intimité des foyers. C’est précisément ce passage qui permet aux proches de militaires de disposer, sans exposer leurs démarches, d’un accès immédiat au 3919 ou à « Ma Sécurité ».
De plus, la présence des Maisons de protection des familles dans chaque département offre un cadre où les victimes peuvent être accompagnées sans avoir à franchir des espaces professionnels liés à la carrière militaire du conjoint. Cela limite les risques psychologiques liés à la crainte d’être vue, jugée ou associée à un signalement.








