Catastrophe au Brésil : BHP reconnu coupable d’un désastre écologique majeur

La condamnation de BHP pour la catastrophe écologique de 2015 au Brésil révèle l’ampleur des responsabilités environnementales des multinationales, alors que la justice évalue encore l’étendue des compensations réclamées.

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Catastrophe au Brésil : BHP reconnu coupable d’un désastre écologique majeur © RSE Magazine

Le 14 novembre 2025, la High Court de Londres a officiellement jugé que BHP portait une part décisive de responsabilité dans l’effondrement de la digue de Fundão au Brésil. Cette décision implique directement BHP dans une affaire où la pollution, la justice et l’écologie se croisent dans un débat majeur sur la responsabilité d’entreprise à l’échelle mondiale.

BHP face à la justice pour un désastre de pollution au Brésil

Le cœur de la décision tient au constat que le groupe minier BHP exerçait un contrôle opérationnel significatif sur Samarco Mineração, co-entreprise chargée de la digue brésilienne, malgré le partage égal avec Vale. La rupture du 5 novembre 2015, qui s’est produite à Mariana, a libéré des millions de tonnes de résidus miniers toxiques. Cette pollution a dévasté des villages, contaminé le Rio Doce et provoqué la mort de 19 personnes, selon les informations issues de Reuters. Selon les juges, les signaux d’instabilité de la digue étaient documentés.

La juge Finola O’Farrell a affirmé : « Le risque d’effondrement de la digue était prévisible », selon une déclaration rapportée par le Financial Times. La justice britannique considère donc que BHP a manqué à son devoir de vigilance. Cette position judiciaire s’appuie sur les normes brésiliennes en matière de pollution, selon lesquelles une entreprise peut être considérée comme pollueuse même si elle n’est pas propriétaire directe de l’infrastructure en cause.

Une condamnation internationale pour BHP

Cette affaire a pris une dimension transnationale inédite, puisque plus de 600 000 plaignants se sont constitués pour réclamer justice. Dans ce dossier BHP, les réparations pourraient atteindre 36 milliards de livres, d’après les données recueillies par AP News. Les montants en jeu n’intègrent pas les sommes déjà versées au Brésil par l’entreprise pour atténuer les impacts de la pollution.

En effet, BHP a déjà engagé des dépenses considérables en matière de remédiation. Selon des communiqués officiels, les montants déjà investis dépassent les 38 milliards de reais au titre de mesures d’urgence et de réparations antérieures. Pourtant, malgré ces efforts, le Brésil a conclu en octobre 2024 un accord supplémentaire d’une ampleur exceptionnelle : 170 milliards de reais, soit l’équivalent de 29,85 milliards d’euros. Cet accord comprend notamment 100 milliards de reais à verser sur vingt ans aux autorités publiques et 32 milliards de reais destinés aux mesures sociales et écologiques.

La plaignante brésilienne Gelvana Rodrigues da Silva a déclaré : « Enfin, la justice commence à être rendue, et les responsables ont été reconnus coupables d’avoir détruit nos vies », selon Reuters.

Les conséquences écologiques et judiciaires qui renforcent la responsabilité de BHP

Parmi les éléments aggravants retenus contre BHP, on retrouve la tentative d’influencer certaines procédures au Brésil. Le 26 juin 2025, la High Court britannique a estimé que l’entreprise pouvait être tenue responsable d’avoir financé une action destinée à empêcher des municipalités brésiliennes de poursuivre le groupe. Cette accusation, rapportée par Reuters, illustre une volonté possible de limiter les effets de la plainte et pourrait constituer une atteinte à la « bonne administration de la justice ».

De plus, dans ce dossier, la High Court a jugé que les indemnisations déjà versées au Brésil ne réduiraient pas automatiquement l’ampleur des demandes d’indemnisation au Royaume-Uni. Cette précision laisse ouverte une évaluation séparée, plus sévère, des dommages environnementaux et humains imputés à BHP. La prescription ayant de plus été repoussée jusqu’en septembre 2029, les risques financiers et juridiques continueront à peser longtemps sur BHP.

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