L’ONG Générations Futures et Data For Good viennent de lancer un outil innovant : la carte interactive « Dans mon eau ». Cet outil permet aux citoyens de vérifier s’il y a des polluants dans leur eau du robinet, tout en les sensibilisant aux conséquences des activités humaines sur la qualité de l’eau. Alors que 67 % des Français boivent de l’eau du robinet chaque jour, une étude réalisée par le Centre d’information sur l’eau en 2024 montre qu’environ un tiers d’entre eux trouvent que les normes sanitaires et les contrôles ne vont pas assez loin, soulignant l’importance de comprendre notre consommation d’eau. Cette carte vient donc combler le manque d’information.
Des fonctionnalités pratiques et l’analyse des polluants
La carte interactive est vraiment simple d’utilisation. Grâce à son moteur de recherche, chacun peut vérifier la présence de contaminants en renseignant simplement son adresse de résidence. Un code couleur facile à lire — vert pour indiquant que l’eau est sûre, orange pour avertir d’une attention nécessaire et rouge pour signaler un risque sanitaire — permet de comprendre rapidement la situation.
On y retrouve l’analyse d’environ 300 substances : pesticides et leurs métabolites, nitrates, PFAS (surnommés polluants éternels), chlorure de vinyle monomère (CVM) et perchlorates. Ces données, mises à jour chaque mois, reposent sur plus de 320 000 prélèvements et 18 millions d’analyses réalisées chaque année par les agences régionales de santé (ARS).
Nadine Lauverjat, représentante de Générations Futures, explique à Reporterre que « certaines solutions provisoires comme l’osmoseur inverse peuvent aider les populations vulnérables », même si elles ne règlent pas le problème à la source. Pauline Cervan ajoute qu’avec cet outil, « ces manques d’information pour le public ne se reproduiront plus ».
Inégalités régionales et conseils pratiques
Certaines régions de France affichent des niveaux de pollution préoccupants. Le Nord Pas de Calais, la Picardie et Champagne-Ardenne sont particulièrement touchés par les perchlorates, sans doute dus aux combats de la Première Guerre mondiale. Dans le Sud et autour de la Méditerranée, ce sont les contamination par les PFAS qui posent problème à cause des activités industrielles, tandis que l’Ouest se plaint du CVM lié au non-renouvellement des canalisations en PVC.
Face à ces disparités, il est conseillé aux habitants des zones signalées en rouge de privilégier l’eau en bouteille. Par ailleurs, une pétition nationale a été lancée pour renforcer la gestion de l’eau.
La qualité générale de l’eau du robinet en France
Malgré ces problèmes localisés, seulement 3 % des réseaux de distribution sont déconseillés à la consommation. Nadine Lauverjat rassure en affirmant que « dans l’ensemble, l’eau du robinet en France est de bonne qualité ». Elle encourage vivement les Français à continuer d’en boire, car elle est bien contrôlée comparée à certaines eaux embouteillées.
Cela dit, certains points restent à améliorer. Gaspard Lemaire reproche que « cette carte est encore assez lacunaire » notamment pour le CVM et les PFAS. Les données fournies par les ARS et le ministère de la Santé sont parfois incomplètes, mais elles seront sans cesse mises à jour.









Cest logique depuis toujours… un système de tuyauterie qui resterait propre pendant des années sans accumulé de dépôt, jy crois pas encore