Des « lapins mutants » surgissent aux États-Unis : une menace inquiétante pour la nature ?

Des lapins à cornes font sensation au Colorado, intrigant et inquiétant les habitants.

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Des « lapins mutants » surgissent aux États-Unis : une menace inquiétante pour la nature ?
Des « lapins mutants » surgissent aux États-Unis : une menace inquiétante pour la nature ? © RSE Magazine

Dans le Colorado, aux États-Unis, une curieuse affaire attire l’attention : des lapins avec des excroissances en forme de cornes ou de petits tentacules sur la tête font parler d’eux. Leur apparence rappelle un peu celle des mutants de la série « The Last of Us », ce qui fascine autant qu’inquiète les habitants et les internautes. Même le New York Times et d’autres médias américains se sont emparés de l’histoire, largement relayée sur les réseaux sociaux.

Une infection virale peu connue

Les lapins en question sont touchés par une maladie appelée papillomavirus du lapin à queue blanche – ou virus du papillome de Shope – qui provoque des verrues kératinisées sur diverses parties du corps comme le cou, les épaules, les oreilles ou l’abdomen. Même si ces excroissances peuvent ressembler à de sacrées cornes, l’infection reste généralement bénigne. Toutefois, le souci principal, c’est qu’elle peut occasionner des problèmes si la nourriture ou la vue du lapin se retrouvent bloquées.

Le danger pour ces animaux, c’est bien de risquer de développer un carcinome épidermoïde, un cancer de la peau grave et potentiellement mortel. Les spécialistes conseillent donc de surveiller de près les lapins présentant des excroissances près des yeux ou de la bouche.

Transmission et évolution selon les saisons

Le virus se transmet principalement via des insectes piqueurs comme les puces, les tiques et les moustiques. Pendant l’été, on observe une augmentation de ces infections du fait de l’activité plus intense des insectes à cette période. Heureusement, les excroissances elles-mêmes ne se transmettent pas et ont tendance à disparaître avec l’arrivée des temps plus frais.

Même si la plupart des lapins se débarrassent du virus naturellement, il est important que les propriétaires de lapins domestiques tiennent leurs animaux éloignés des populations sauvages infectées afin de limiter tout risque de transmission.

Risque limité pour la santé publique

Malgré leur apparence étonnante, ces lapins ne représentent pas une menace pour la santé publique. Le virus du papillome de Shope ne passe pas aux humains ni aux autres animaux de compagnie. Cela dit, il est recommandé aux habitants du Colorado (et d’ailleurs) d’éviter tout contact direct avec ces animaux sauvages, histoire de ne pas s’exposer à d’autres agents pathogènes potentiels.

Kara Van Hoose, porte-parole de Colorado Parks and Wildlife, a d’ailleurs déclaré : « Nous ne nous inquiéterions que si les excroissances se trouvaient sur les yeux ou gênaient le lapin pour se nourrir. » Ce conseil montre qu’il faut observer ces animaux avec précaution tout en respectant leur habitat naturel.

Une situation surveillée de près

L’apparition soudaine et médiatisée de ces lapins dans le nord du Colorado a même surpris Colorado Parks & Wildlife, qui n’avait reçu aucun signalement avant qu’un article local publié le 8 août ne fasse état de la situation à Fort Collins. Depuis, plusieurs témoignages ont été envoyés à l’agence, bien qu’il soit difficile de mesurer avec précision l’ampleur de l’infection sur le terrain.

Découvert dans les années 1930 par le Dr Richard E. Shope à l’Université Rockefeller, ce virus continue de susciter l’intérêt des scientifiques et des observateurs. Shope avait aussi contribué à identifier le virus de la grippe A et à mieux comprendre certaines souches du papillomavirus humain (HPV), ouvrant la voie au développement du vaccin contre le HPV.

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