Le tourisme de masse s’est imposé dans le monde entier, mais certaines villes en paient le prix fort. Barcelone, l’une des destinations phares d’Espagne, le ressent particulièrement. L’Espagne se classe en deuxième position au niveau des pays les plus visités après la France, et Barcelone enregistre 12 millions de visiteurs par an. Ce flot important de touristes génère des conséquences notables, parfois lourdement négatives pour la ville et ses habitants.
Comment le tourisme transforme Barcelone
On constate très vite que le surtourisme fait grimper les prix de l’immobilier. Les locations de courte durée, avec des plateformes comme Airbnb, se multiplient et transforment de nombreux logements en hébergements temporaires pour les visiteurs. Ce phénomène provoque une hausse des loyers et réduit considérablement le nombre de logements disponibles pour les résidents. Beaucoup d’habitants sont contraints de quitter leur quartier pour laisser place à ces locations rentables, ce qui accentue la pression sur le marché immobilier local.
Parallèlement, la ville se change aussi sur le plan commercial. Les petits commerces de proximité disparaissent peu à peu pour laisser place à des boutiques de souvenirs, des restaurants de chaînes et des bars destinés aux touristes. Ce glissement modifie le visage de la ville et altère la qualité de vie de ceux qui y vivent.
Les habitants réagissent
Face à cette situation préoccupante, les Barcelonais n’ont pas hésité à se manifester. En juin dernier, de grandes manifestations ont envahi la ville avec des slogans comme « Barcelone n’est pas à vendre » et « Tourists go home ». Certains habitants en ont même eu assez au point d’utiliser des pistolets à eau pour exprimer leur ras-le-bol.
Une résidente du quartier proche du fameux parc Güell a décrit son quotidien comme « étouffant et stressant », exprimant une « haine viscérale » envers les touristes qui s’accumulent dans son quartier. Mère célibataire, elle redoute d’autant plus une nouvelle envolée de son loyer.
Ce que fait la mairie
Consciente de la gravité de la situation, la mairie de Barcelone envisage d’interdire toutes les locations de courte durée dès 2028 afin de récupérer près de 10 000 logements pour les habitants. La ville a lancé des campagnes pour promouvoir un « tourisme responsable » et a installé des panneaux qui rappellent aux visiteurs les règles de bonne cohabitation.
Antonio Bullon a d’ailleurs insisté sur la nécessité pour les autorités d’agir rapidement pour stopper ce modèle économique qui vide les ressources locales et fragilise encore davantage l’économie urbaine.
La tendance se retrouve ailleurs
Le surtourisme n’est pas un problème exclusif à Barcelone. Dans toute l’Espagne, notamment à îles Baléares, Ibiza, Malaga et Minorque, des mouvements se sont déclenchés pour dénoncer cette situation insoutenable. Aux îles Canaries, avec plus de 10 millions de touristes étrangers chaque année, certains habitants doivent se débrouiller en vivant dans leur voiture ou même dans des grottes faute de logements abordables.
D’autres destinations à travers le monde, comme Venise ou Hallstatt en Autriche, montrent aussi une résistance croissante face à un tourisme démesuré. Par exemple, à Venise, un droit d’entrée pour les visiteurs d’un jour a été mis en place pour limiter l’afflux constant.








