À Bali, les singes d’un temple piégent les touristes avec une technique de vol stupéfiante

Saviez-vous que les macaques d’Uluwatu peuvent passer jusqu’à 25 minutes à négocier le retour de vos objets volés ?

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À Bali, les singes d’un temple piégent les touristes avec une technique de vol stupéfiante
À Bali, les singes d’un temple piégent les touristes avec une technique de vol stupéfiante © RSE Magazine

Bali, avec ses plages de rêve et sa culture ancestrale, attire chaque année des millions de voyageurs en quête d’évasion et de découvertes. Parmi les lieux incontournables, le temple d’Uluwatu se distingue non seulement par ses panoramas sur l’océan et ses spectacles de danse traditionnelle, mais aussi par ses habitants inattendus : une colonie de macaques à longue queue. Ces singes ont mis au point des ruses qui intriguent autant qu’elles amusent ceux qui les observent.

Le temple d’Uluwatu et ses singes facétieux

Au sud de Bali se trouve le temple hindou d’Uluwatu, un spot visité quotidiennement par des centaines de touristes séduits par la beauté du lieu et les animations culturelles proposées. Mais ce qui capte souvent le regard, c’est la présence d’environ 600 macaques en liberté dans l’enceinte du temple. Ces primates ne se limitent pas à flâner : ils excellent dans l’art de subtiliser divers objets personnels (téléphones portables, lunettes de vue, portefeuilles) appartenant aux visiteurs.

Au-delà du simple vol, ces singes s’adonnent à un véritable jeu d’échange. Ils troquent leurs butins contre de la nourriture, évaluant avec soin la valeur que les humains semblent accorder aux objets. Par exemple, les téléphones et les lunettes de prescription font partie des objets les plus convoités, tandis que des articles comme les épingles à cheveux ou les sacs vides n’attirent pas autant leur attention.

Des échanges bien orchestrés

Les macaques adultes font preuve d’une patience surprenante, attendant parfois la meilleure négociation avant d’accepter un échange. Les discussions peuvent s’étendre jusqu’à 25 minutes, avec 17 minutes exclusivement consacrées à négocier le retour d’un objet considéré comme précieux. À l’inverse, les petits singes, plus pressés, se contentent souvent de la première nourriture proposée.

Ces comportements ont fait l’objet d’études menées par des chercheurs de l’Université de Lethbridge sur une période de plus 273 jours. Selon l’étude publiée dans le Philosophical Transactions of the Royal Society, ces pratiques, qui se transmettent socialement, se maintiendraient depuis au moins 30 ans – bien avant l’arrivée massive du tourisme international. Autrefois, ces animaux dérobaient même des bijoux lors des cérémonies religieuses ; aujourd’hui, ils se faufilent dès que des visiteurs apportent des objets modernes.

Gérer la cohabitation entre touristes et singes

Pour faire face à cette situation singulière qui oscille entre attraction touristique et défi logistique, les responsables du temple font appel à des « pawangs » (des gardiens de singes). Ces derniers utilisent des fruits ou des œufs crus pour récupérer les objets volés aux macaques. Tandis que certains visiteurs trouvent ces escapades divertissantes, d’autres se plaignent de la perte temporaire de leurs affaires.

Les autorités locales ont essayé différentes astuces pour freiner ces comportements : ajustement des horaires et des menus de nourrissage ou même interdiction formelle de nourrir les singes. La période de pandémie a compliqué la donne avec une baisse du nombre de touristes, ce qui a rendu les macaques plus gourmands et entreprenants.

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