Corée du Sud : cette invention pourrait mettre fin à la crise du plastique

La Corée du Sud révolutionne le recyclage avec sa torche à plasma, capable de désintégrer le plastique en moins de 0,01 seconde.

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Corée du Sud : cette invention pourrait mettre fin à la crise du plastique
Corée du Sud : cette invention pourrait mettre fin à la crise du plastique © RSE Magazine

Recycler le plastique est devenu une nécessité mondiale pour diminuer les déchets et protéger notre planète. Les méthodes actuelles laissent à désirer puisqu’elles rejettent souvent des gaz nocifs et ne traitent pas tous les types de plastique de manière satisfaisante. C’est dans cette optique que la Corée du Sud mise sur une méthode innovante : une torche à plasma qui recycle chimiquement le plastique sans le brûler.

Les limites du recyclage du plastique

Aujourd’hui, on s’appuie principalement sur des techniques comme la pyrolyse. Ce procédé consiste à chauffer, après broyage, le plastique à environ 600°C pour produire divers résidus pouvant servir de carburant. Cependant, ce système rejette de nombreux gaz à effet de serre et des fumées toxiques qui polluent l’air, le sol et l’eau.

En France, par exemple, les déchets plastiques sont souvent incinérés, ce qui ne fait qu’exacerber ces problèmes environnementaux. Il est donc nécessaire de trouver des solutions plus vertes et efficaces pour recycler le plastique.

L’innovation coréenne : la torche à plasma

Le Korea Institute of Machinery & Materials (KIMM) a développé une technologie vraiment innovante en utilisant une torche à plasma propulsée par de l’hydrogène. Grâce à un gaz ionisé hyper chaud, capable d’atteindre des températures entre 1000°C et 2000°C, le plastique est désintégré en moins de 0,01 seconde.

À la différence des méthodes traditionnelles, cette technique ne demande pas de tri préalable des plastiques et n’engendre ni carbone imbrûlé ni suie noire. Elle délivre deux matières premières : le benzène et l’éthylène, qui serviront à fabriquer du nouveau plastique sans puiser dans les ressources fossiles non renouvelables.

Les atouts écologiques et économiques

L’un des grands points forts de la torche à plasma, c’est sa capacité à limiter les rejets polluants. Alimentée par de l’hydrogène, elle pourrait même annuler l’empreinte carbone liée au recyclage si l’électricité utilisée provient de sources renouvelables. Par ailleurs, avec des produits d’une pureté supérieure à 99 % et un taux de conversion en éthylène ou en benzène atteignant 90 %, cette technologie se révèle très performante.

Des tests pilotes menés en Corée du Sud ont montré que le coût de production de l’éthylène par ce procédé est comparable à celui issu des sources fossiles traditionnelles. Le déploiement industriel est prévu pour 2026, ouvrant la voie à une adoption à plus grande échelle.

Qu’est-ce qui se profile pour l’avenir ?

Cette avancée technologique pourrait bien modifier la manière dont on gère le recyclage des plastiques en offrant une solution à la pollution marine plus rapide et plus propre que la pyrolyse. Elle semble aussi prometteuse pour d’autres secteurs industriels, comme le traitement des gaz industriels.

Pendant ce temps, d’autres chercheurs innovent. Aux États-Unis, par exemple, des scientifiques travaillent sur un plastique biodégradable capable de transformer directement les plastiques en carburants ou en cires industrielles.

Le directeur du programme au KIMM a déclaré : « Nous avons mis au point un procédé permettant de convertir avec succès des déchets plastiques mixtes en matières premières, une première mondiale. » Cette déclaration souligne toute l’importance de cette innovation dans la lutte contre les déchets plastiques et leurs rejets nocifs.

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