La découverte récente du scarabée japonais (Popillia japonica) en France inquiète sérieusement les experts et les autorités locales. Cet insecte, sans danger pour la santé humaine, présente toutefois un risque certain pour l’environnement et l’économie agricole. Pour la première fois en France, deux spécimens ont été retrouvés début juillet dans le Haut-Rhin, à Mulhouse et Saint-Hippolyte. Ce signalement marque une nouvelle étape dans la progression de cet insecte nuisible à travers l’Europe.
Un envahisseur venu d’Asie
Natif d’Asie, le scarabée japonais a fait son apparition en Europe dès 2014, notamment en Italie, en Suisse (Bâle) et en Allemagne. Surnommé « autostoppeur », il profite des transports (trains, camions, voitures) et peut même se déplacer sur des objets ou des animaux. Sa venue en France n’était donc pas une surprise, surtout après avoir été détecté chez nos voisins. Les pièges en place ont joué un rôle déterminant dans sa capture, semblables aux pièges écologiques utilisés pour d’autres nuisibles. Comme le rappelle Sarah Labruyère de Fredon France : « les pièges mis en place ont permis de l’intercepter ».
Des traits qui le distinguent
Le scarabée japonais se reconnaît facilement grâce à ses caractéristiques bien particulières. Mesurant entre 8 et 10 mm, il arbore une tête et un thorax de couleur vert métallique assortis à des ailes brunes cuivrées. Son atout distinctif ? Sept touffes de soie blanche : cinq de chaque côté de l’abdomen et deux plus imposantes à l’arrière.
Des répercussions sur l’environnement et l’agriculture
Son régime alimentaire varié permet à ce petit envahisseur de s’attaquer à plus de 400 espèces végétales, comme la vigne, le maïs, le soja, les arbres fruitiers, les rosiers et les fraisiers. Les larves ne se contentent pas de ces ravages et s’attaquent aux pelouses, prairies de graminées et gazons, ce qui peut aussi poser problème sur les terrains sportifs (golf notamment). Sarah Labruyère explique : « Ils dévorent les feuilles en les laissant comme de la dentelle ». Ce fléau engendre de réels défis pour l’agriculture et l’entretien des espaces verts.
Des dispositifs de suivi intensifiés
Pour faire face à cette menace grandissante, la France a renforcé le dispositif de suivi en multipliant les pièges attractifs grâce à des méthodes naturelles. L’idée est de freiner au maximum la progression de l’insecte. Chaque pays de l’Union Européenne doit désormais veiller à surveiller de près la situation afin d’éviter que le scarabée japonais ne se répande davantage.
Les régions particulièrement vigilantes sont le Grand-Est, la Bourgogne Franche-Comté et l’Auvergne-Rhône-Alpes, où le climat favorise leur développement pendant la période d’activité maximale, qui s’étend de juin à juillet.
Que faire si vous en repérez un ?
Si vous tombez sur un scarabée japonais, il faut le capturer et le congeler, puis contacter le service régional DRAAF-SRAL par mail à [email protected] en précisant « Signalement Popillia » dans l’objet. Pensez à joindre une photo et à indiquer précisément le lieu de la découverte. Pour aider à différencier ce ravageur d’espèces similaires comme l’hanneton des jardins ou la cétoine dorée, la préfecture du Grand Est a mis en ligne une fiche d’identification.
L’arrivée du scarabée japonais sur le sol français nous rappelle l’importance de rester vigilants face aux espèces invasives. Même s’il ne présente pas de danger direct pour l’homme, ses répercussions sur l’environnement et l’agriculture nécessitent une attention immédiate pour la préservation des écosystèmes pour protéger notre biodiversité et nos ressources agricoles.








