Adieu au semi-permanent : pourquoi une grande partie des vernis est bannie depuis lundi

L’interdiction du TPO va bouleverser l’univers de la manucure !

Publié le
Lecture : 2 min
Adieu au semi-permanent : pourquoi une grande partie des vernis est bannie depuis lundi
Adieu au semi-permanent : pourquoi une grande partie des vernis est bannie depuis lundi © RSE Magazine

L’Union européenne a décidé de mettre un terme à l’utilisation du TPO (oxyde de diphényl triméthylbenzoyl phosphine) dans les produits pour ongles. Cette mesure, qui sera appliquée à partir du 1er septembre 2025, change nettement la donne dans le secteur cosmétique, surtout pour les salons de manucure habitués à exploiter cette substance pour sa capacité à polymériser rapidement sous lampe UV ou LED. Le TPO est désormais classé comme substance CMR (cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction) de catégorie 1B selon le règlement « Omnibus VII » du 12 mai 2025, ce qui soulève de vives inquiétudes sanitaires.

Les pros face à l’interdiction

La décision touche direct et sans délai tous ceux qui s’occupent des ongles. Les prothésistes ongulaires ont dû revoir leurs stocks sur-le-champ, sans qu’un délai de transition ne soit accordé. Continuer d’utiliser des produits contenant du TPO expose les salons à de lourdes sanctions, vu les risques dénoncés, notamment en termes de cancer et de perturbations sur la reproduction.

Cette situation a aussi poussé l’industrie à se pencher sur des alternatives plus sûres. Des marques comme Peggy Sage ont déjà remanié leurs formulations pour supprimer le TPO. D’après Peggy Sage, « toutes les formules concernées ont déjà été reformulées sans TPO », assurant ainsi une sécurité renforcée tout en préservant la qualité.

Des solutions alternatives au TPO

Avec la fin du TPO, de nouvelles options se sont présentées sur le marché. On voit apparaître des vernis utilisant d’autres photo-initiateurs, comme l’Ethyl Trimesthybenzol Phenyl (TPO-L), qui ne présente pas de risques CMR. Plusieurs gammes « TPO-Free » ont vu le jour, proposées par des marques telles que Peggy Sage, Lova, Didier Lab, Ongle24, Beauty Passion, M’Nails, Ôdass Paris et Elyamaje.

Parallèlement, l’engouement pour des vernis biosourcés ne cesse de croître. Ces produits, élaborés à partir d’ingrédients d’origine végétale (manioc, maïs, canne à sucre, coton, pomme de terre) respectent aussi bien la santé humaine que l’environnement. Des marques comme Manucurist et Nailberry se démarquent avec leurs vernis semi-permanents biosourcés, qui tiennent environ 10 jours sans nécessiter l’usage d’une lampe UV intense.

Les risques des lampes UV/LED et d’autres alternatives

L’utilisation régulière des lampes UV/LED dans les salons peut aussi comporter quelques risques. En 2023, l’Académie nationale de médecine française a tiré la sonnette d’alarme sur ces appareils, qui émettent des rayons UVA susceptibles d’accélérer le vieillissement cutané et de favoriser l’apparition de cancers de la peau. Il est donc recommandé de se limiter à six applications de vernis semi-permanents par an et de mettre de la crème solaire sur les mains avant chaque séance.

Heureusement, plusieurs innovations permettent désormais d’éviter ces problèmes tout en garantissant une tenue longue durée sans lampe UV. Par exemple, les vernis gels longue tenue de Bio Seaweed Gel, Infinite Shine d’OPI ou Gel Couture d’Essie offrent jusqu’à 14 jours de fixité sans recourir à la lumière UV. La technique japonaise traditionnelle propose également une alternative douce, en misant sur un limage délicat et un polissage enrichissant.

D’autres pistes incluent la poudre Dip Powder, qui promet trois à quatre semaines de tenue, ainsi que les faux ongles munis de pads à colle pour une pose rapide. Enfin, la nouvelle manucure popit gel, qui utilise des moules popits avec un gel (acrygel ou UV), garantit une tenue de trois à quatre semaines sans TPO ni HEMA.

Laisser un commentaire