En canoë, ils défient le projet A69 : l’image choc qui secoue la Garonne

Des scientifiques s’opposent à l’autoroute A69, craignant un contournement de la justice.

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En canoë, ils défient le projet A69 : l’image choc qui secoue la Garonne
En canoë, ils défient le projet A69 : l’image choc qui secoue la Garonne © RSE Magazine

Mardi 1er juillet, à Toulouse sur la Garonne, une nouvelle manifestation a réuni une trentaine de scientifiques du collectif « Scientifiques en Rébellion« . En pagayant en canoë, ils veulent réaffirmer leur opposition à l’autoroute A69, une mobilisation écologiste qui s’inscrit dans un contexte plus large de contestation en France. Leur but ? Exprimer leur inquiétude face à l’éventualité pour les députés de contourner une décision de justice récente.

La situation politique et judiciaire

La polémique monte autour de l’A69 depuis l’annulation de son autorisation environnementale le 27 février dernier, ce qui a mis un frein aux travaux. Pour aggraver la situation, les députés pourraient voter une loi d’exception, permettant ainsi de passer outre ce jugement. Diverses voix du monde politique se sont fait entendre, illustrant un débat politique intense autour de l’autoroute A69. Philippe Tabarot a jugé le verdict « ubuesque », Philippe Folliot l’a qualifié d’« incompréhensible, honteux et inacceptable », et Jean-Luc Moudenc a dénoncé un jugement « idéologique ». Face à ce climat, Philippe Folliot envisage même de soutenir une loi d’exception pour que les travaux continuent.

Le 15 mai, le Sénat a adopté une proposition de loi visant à déclarer l’autoroute d’intérêt public majeur et, le 28 mai, la cour d’appel de Toulouse a suspendu l’exécution du jugement initial.

Les arguments environnementaux contre l’A69

Les opposants à l’A69 avancent plusieurs arguments sur le plan environnemental. Ils soulignent que ce projet favoriserait un mode de vie rapide et la voiture individuelle, ce qui accentuerait le réchauffement climatique en augmentant les émissions de gaz à effet de serre.

De plus, ils regrettent que la proposition de loi du Sénat ne repose pas sur des bases scientifiques solides. Ils dénoncent ce qu’ils considèrent comme une impasse écologique et sociale, tout en se montrant inquiets des évolutions politiques qui pourraient mener vers un régime autoritaire ou une dérive des élus (ils craignent que la démocratie ne se retrouve limitée).

Le collectif « Scientifiques en Rébellion », présent sur la scène internationale, recourt à la désobéissance civile pour sensibiliser l’opinion. Leur initiative s’inscrit dans le cadre du colloque « Réparer le Futur », qui s’est tenu pendant trois jours à Sciences Po Toulouse sous le thème “Réparer le futur ? Réflexions et expériences depuis l’écologie politique”.

La mobilisation des scientifiques

En octobre 2023, plus de 1500 scientifiques ont signé un texte rappelant les liens entre le réchauffement climatique et leur opposition à l’A69. Stéphanie Mariette a expliqué : « Nous voulons rappeler qu’il y avait un texte qui avait été signé […] par plus de 1500 scientifiques. »

Les signataires pointent également du doigt l’instrumentalisation du mot « scientifique » dans les textes législatifs qui soutiennent le projet. Selon eux, ces textes affirment à tort que l’A69 contribuerait au désenclavement de certaines zones.

Ils dénoncent des discours manipulateurs où la science serait utilisée à des fins politiques, parfois en étant entièrement ignorée. Les arguments avancés sur la sécurité routière ou le désenclavement ont été jugés sans fondement par la rapporteuse publique.

Le langage manipulé et le contournement légal

Certains opposants critiquent également ce qu’ils perçoivent comme une inversion du langage : protéger la nature passerait pour abattre des arbres pour mieux les replanter. Le contournement du jugement initial permettrait de lancer les travaux avant même qu’un appel ne soit instruit.

L’État mentionne une anomalie dans la jurisprudence qu’il souhaite rectifier, ce qui soulève d’importantes questions sur la hiérarchie des lois, l’égalité devant la loi et la séparation des pouvoirs.

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